Jaguarondi
Le jaguarondi toujours nommé eyra ou chat loutre est une petite espèce de félin d'Amérique à la robe uniformément noire, gris-brun ou rousse.
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CITES annexe I - CITES annexe II - Puma - Felinae - Félidé - Mammifère (nom vernaculaire)
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- Le jaguarondi (Puma yagouarondi ou Herpailurus yagouaroundi), ... Le jaguarondi est un félin au corps tout en longueur avec des pattes fines... (source : forumfr)
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| Puma yagouaroundi | |||
| Classification | |||
| Règne | Animalia | ||
| Embranchement | Chordata | ||
| Sous-embr. | Vertebrata | ||
| Classe | Mammalia | ||
| Sous-classe | Theria | ||
| Infra-classe | Eutheria | ||
| Ordre | Carnivora | ||
| Sous-ordre | Feliformia | ||
| Famille | Felidæ | ||
| Sous-famille | Felinæ | ||
| Genre | Puma | ||
| Nom binominal | |||
| Puma yagouaroundi (Geoffroy, 1803) |
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| Synonymes | |||
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| Statut de conservation IUCN : |
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| Statut CITES : | Révision du 22-10-1987 Amérique du Nord et d'Amérique centrale |
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| Statut CITES : | Révision du 22-10-1987 hors Amérique du Nord et Amérique centrale |
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| Répartition géographique | |||
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Le jaguarondi (Puma yagouaroundi) toujours nommé eyra ou chat loutre est une petite espèce de félin d'Amérique à la robe uniformément noire, gris-brun ou rousse.
Habitant tant les forêts primaires que les prairies, il se répartit du sud des États-Unis à l'Argentine. Aisément apprivoisable, il fut utilisé comme chat domestique par les populations pré-colombiennes et pourrait être l'unique félin à vivre en couple.
Le jaguarondi est un chat au corps tout en longueur avec ses petites pattes fines et sa longue queue mince. La tête, petite et aplatie, porte de petites oreilles arrondies. Les yeux de couleur bleue à ambre foncée sont rapprochés et cerclés de poils clairs.
Le jaguarondi mesure de 77 à 140 cm de long, dont 33 à 60 cm pour la queue, soit à peu près 40 % de la longueur totale. La hauteur au garrot peut atteindre 55 cm, mais fluctue le plus souvent entre 30 et 40 cm de hauteur. Le jaguarondi pèse entre 3 et 9 kg, les femelles sont plus petites que les mâles. A titre d'exemple, au Belize, les femelles pèsent en moyenne 4, 4 kg et les mâles 5, 9 kg[1], [2].
La robe est unie, on en distingue trois couleurs différentes : une coloration brun-gris, une dans les tons roux à rougeâtres et la dernière est noire du fait du mélanisme. Quoiqu'on rencontre plus souvent les formes grises et noires en milieux humides et les formes rousses en milieux arides, il arrive que dans une même portée naissent indifféremment des jaguarondis roux et des brun-gris[2]. Le terme «eyra» s'applique principalement à la forme rousse, dont on pensait jadis qu'il s'agissait d'une espèce différente du jaguarondi. Le poil n'a pas la même teinte sur toute sa longueur, d'où une impression de changement de couleur quand il se hérisse[3] : chez les chats domestiques, on dit que ce type de robe présente un «ticking» ou est «agouti».
Une étude génétique sur plusieurs allèles responsables du mélanisme révèlent que la forme rousse est ancestrale et que la robe foncée est le résultat d'une évolution[4].
Le jaguarondi naît tacquis et prend sa coloration unie rapidement[5].
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Un jaguarondi roux du Parc des Félins. |
Les rares animaux avec lesquels il peut être confondus sont le puma, qui partage sa robe unie mais qui est bien plus gros, et la tayra dont la queue est plus apportée[6].
Phylogenèse
Nomenclature
La nomenclature du jaguarondi a notablement évolué. Dans les années 70, ce félin est positionné dans le genre Herpailurus, dans la sous-famille Felis. Puis, durant la fin du XXe siècle, le jaguarondi (yagouaroundi) et le puma (concolor) furent reconnus comme monophylétique et positionnés conjointement dans le même genre Puma[7].
L'espèce jaguarondi peut être désignée par les synonymes suivants :
Evolution de l'espèce
La phylogenèse est l'étude des fossiles d'un animal pour préciser la naissance et l'évolution d'une espèce. Cependant, il existe assez peu de fossiles de félins, et la phylogénie moderne s'appuie principalement sur les analyses génétiques. Des travaux menés en 2007 ont montré que les félins ont divergé en huit lignées. L'ancêtre commun des lignées Leopardus, Lynx, Puma, Prionailurus et Felis aurait traversé la Béringie et colonisé l'Amérique du Nord il y a à peu près 8 à 8, 5 millions d'années. La lignée Puma qui contient aussi le genre Acinonyx forme la sixième lignée et a commencé à diverger il y a 6, 7 millions d'années de l'ancêtre commun aux sixième et septième lignées. Le Jaguarondi et le Puma ont divergé il y a légèrement plus de 4 millions d'années. Les félins nord-américains ont ensuite envahi l'Amérique du Sud par l'isthme de Panama il y a 3 millions d'années durant le Grand échange inter-américain. À la fin de l'ère glaciaire, les Puma réfugiés en Amérique du Sud remontèrent vers l'Amérique du Nord il y a 8 000 à 10 000 ans[8].
Arbre phylogénétique de la lignée du puma[8]
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Sous-espèces
Huit sous-espèces se distinguent par leur aire de répartition[7] :
- Puma yagouaroundi yagouaroundi Geoffroy, 1803 : Guyane et forêt amazonienne.
- Puma yagouaroundi ameghinoi Holmberg, 1898 : ouest de l'Argentine.
- Puma yagouaroundi cacomitli Berlandier, 1859 : il s'agit du jaguarondi de la côte du Golfe qui se répartit du sud du Texas à l'est du Mexique. Cette population serait menacée par la construction du mur entre le Mexique et les États-Unis qui couperait les couloirs de migration entre les deux pays[9]. Cette sous-espèce est positionnée en Annexe I de la Convention de Washington (CITES) depuis le 22 octobre 1987 et est reconnue comme en danger d'extinction (EN) depuis 1996.
- Puma yagouaroundi eyra Fischer, 1814 : Brésil, Paraguay et le reste de l'Argentine.
- Puma yagouaroundi fossata Mearns, 1901 : du sud du Mexique au Honduras. Cette sous-espèce est positionnée en Annexe I de la Convention de Washington (CITES) depuis le 22 octobre 1987.
- Puma yagouaroundi melantho Thomas, 1914 : Pérou et l'ouest du Brésil
- Puma yagouaroundi panamensis Allen, 1904 : du Nicaragua à l'Équateur. Cette sous-espèce est positionnée en Annexe I de la Convention de Washington (CITES) depuis le 22 octobre 1987.
- Puma yagouaroundi tolteca Thomas, 1898 : Arizona et l'ouest du Mexique. Cette sous-espèce est positionnée en Annexe I de la Convention de Washington (CITES) depuis le 22 octobre 1987.
Comportement
Structure sociale
Le jaguarondi est principalement diurne quoiqu'il lui arrive de chasser après le coucher du soleil. Son corps longiligne lui sert à se faufiler dans les sous-bois, mais également d'être un bon nageur. À l'inverse des autres félins d'Amérique du Sud et centrale, le jaguarondi n'est pas arboricole[5].
Des félidés, seuls les lions ont une vie réellement de clan. Cependant, plusieurs observations ont fait état de jaguarondis se déplaçant et chassant en couple mais on ignore toujours s'il s'agissait d'un couple reproducteur ou non[5].
Le jaguarondi vit en moyenne huit ans et jusqu'à quinze ans en captivité.
Alimentation et territoire
Il chasse essentiellement les oiseaux au sol comme les dindons sauvages et les cailles, les rongeurs et les reptiles, mais se nourrit aussi d'invertébrés, de poissons échoués et de grenouilles. Au Belize, une analyse des excréments a révélé que les arthropodes et les rats forment à plus de 70 % la majeure partie de son régime alimentaire, le reste étant composé d'oiseaux[2]. Il ne rechigne pas non plus à visiter les poulaillers[5].
Le territoire du jaguarondi couvre 15 à 100 km². Celui des femelles est plus petit.
Reproduction
Il n'y a pas de saison de reproduction, quoique les accouplements forment un pic en automne dans la partie nord de son aire de répartition[5]. L'œstrus dure de deux à quatre jours. La tanière est un arbre creux, ou un fourré dense de broussailles ou d'herbes où prendront le plus souvent naissance deux ou trois chatons, quelquefois quatre, au bout de deux mois et demi (soit 70 à 75 jours) de gestation. Ils commencent à manger de la viande à six semaines, mais deviennent véritablement indépendant à l'âge de deux ans. La maturité sexuelle est acquise à deux ou trois ans[5].
Communication
Le jaguarondi peut émettre 13 cris différents.
Chorologie
Habitat
Le jaguarondi se rencontre dans les forêts primaires, les savanes et les prairies. Il se déplace volontiers dans les marécages, mais est plus rare dans les forêts humides. On peut le trouver du niveau de la mer à 3 200 mètres d'altitude, mais il n'est que rarement présent au-dessus de 2 000 mètres[5], [2].
Son aire de répartition couvre du sud des États-Unis au nord de l'Argentine ; il est présent seulement sur la partie est de l'Équateur, du Pérou et de la Bolivie. Il aurait disparu de l'Uruguay et se fait rare dans le sud-ouest des États-Unis, dans le bassin de l'Amazone et au Mexique.
Une population de jaguarondis est présente en Floride. C'est une ancienne population domestiquée relâchée dans la nature dans les années 1940[10].
Menaces et statut légal
La robe terne du jaguarondi l'a protégé des braconniers, sa fourrure n'ayant que particulièrement peu de valeur. Les conflits avec les agriculteurs sont habituels puisque ce félin n'hésite pas à se servir en volaille. La menace majeure reste la perte de son habitat, limitée par l'excellente adaptabilité de ce félin (il peut vivre tout autant en milieu humide qu'en milieu sec, boisé ou herbeux).
Bien que la tendance soit à la baisse de population, le jaguarondi est classé en préoccupation mineure (LC) par l'UICN excepté pour la sous-espèce cacomitli classée comme en danger (EN).
Les spécimens d'Amérique du Sud sont classés en annexe II de la CITES (autorisation du commerce international sous licence) alors que les populations plus sensibles d'Amérique centrale et du Nord sont classées en annexe I (tout commerce interdit). Le Paraguay bénéficie d'un quota d'exportation de trente individus vivants par an depuis 2002. Cependant, même dans les zones à réglementation moins restrictives, le jaguarondi n'est pas exploité commercialement.
Il est protégé sur l'essentiel de son aire de répartition. Seuls le Brésil, le Nicaragua, le Salvador, la Guyane et l'Équateur ne l'ont pas protégé[5]. La chasse est réglementée au Pérou[5].
L'espèce et l'homme
Le jaguarondi est facile à apprivoiser et a été domestiqué dès l'ère pré-colombienne pour chasser les rats et les souris, à la manière d'un chat domestique.
Noms vernaculaires
Le terme jaguarondi vient du guaraní «yagua-rhundi»[3]. À cause de son apparence de mustélidé, on le surnomme «chat loutre». Les cruciverbistes le connaissent sous le nom d'«eyra».
Les nombreux langages et dialectes d'Amérique du Sud lui attribuent plusieurs autres noms : il est nommé «yagua-rhundi» et «mbaracayácira» en guaraní, «gato mourisco» et «maracaja-preto» au Brésil[3].
Notes et références
- ↑ Peter et Adrienne Jackson, op. cit. , p. 232
- Jaguarundi sur http ://www. catsg. org, Cat Specialist Group. Consulté le 29 juillet 2008
- Peter Jackson et Adrienne Farrell Jackson (trad. Danièle Devitre), Les félins : l'ensemble des espèces du monde, Delachaux et Niestlé, coll. «La bibliothèque du naturaliste», octobre 1996, 272 p. (ISBN 2-603-01019-0) , p. 229
- ↑ (en) Eduardo Eizirik, Naoya Yuhki1, Warren E. Johnson, Marilyn Menotti-Raymond, Steven S. Hannah et Stephen J. O'Brien, «Molecular Genetics and Evolution of Melanism in the Cat Family», dans Current Biology, no 17, 4 mars 2003 [[pdf] texte intégral (page consultée le 29 juillet 2008) ] :
«An interesting example is the jaguarundi, whose “wild-type” dark coloration is here shown to be a derived condition, having replaced the ancestral reddish form throughout its continental range.»
- Rémy Marion (dir. ) , Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Larousse, Paris, septembre 2005, 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et ISBN 978-2035604538) (OCLC 179897108) , p. 112-113
- ↑ Office national de la chasse et de la faune sauvage, «Jaguarondi» sur http ://oncfs-outremer. disweb. fr. Consulté le 21 février 2009
- Wilson et Reeder, «Mammal Species of the World», 2005. Consulté le 28 juillet 2008
- (fr) Stephen O'Brien et Warren Johnson, «L'évolution des chats», dans Pour la science, no 366, Avril 2008 (ISSN 0 153-4092)
- ↑ (en) Miguel Bustillo, «Wildlife at border may lose sanctuary», dans Los Angeles Times, 17 octobre 2007 [texte intégral (page consultée le 29 juillet 2008) ].
- ↑ Peter et Adrienne Jackson, op. cit. , p. 230
Voir aussi
Liens externes
- Référence Mammal Species of the World : Puma yagouaroundi É. Geoffory Saint-Hilaire, 1803 (en)
- Référence Tree of Life Web Project : Puma yagouaroundi (en)
- Référence Catalogue of Life : Puma yagouaroundi (É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803) (en)
- Référence ITIS : Puma yagouaroundi (É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803) (fr) ( (en) )
- Référence Animal Diversity Web : Puma yagouaroundi (en)
- Référence NCBI : Herpailurus yaguarondi (en)
- Référence IUCN : espèce Puma yagouaroundi (É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803) (en)
- Référence CITES : espèce Puma yagouaroundi (É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803) (+répartition) (sur le site de l'UNEP-WCMC) (fr+en)
- Wilson et Reeder, «Mammal Species of the World», 2005. Consulté le 28 juillet 2008 (en)
- Jaguarundi sur http ://www. catsg. org, Cat Specialist Group. Consulté le 29 juillet 2008 (en)
Bibliographie
- Rémy Marion (dir. ), Larousse des félins, Larousse, 2005, 224 p. (ISBN 2-603-560453-2)
- Peter et Adrienne Farrel Jackson, Les félins : l'ensemble des espèces du monde, Delachaux et niestlé, coll. «La bibliothèque du naturaliste», Paris, 1996, 272 p. (ISBN 2-603-01019-0)
Recherche sur Amazone (livres) : |
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 12/01/2010.
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