Lion

Le lion est un mammifère carnivore de la famille des félidés du genre Panthera. Il est surnommé le «roi des animaux», référence à sa crinière assimilée à une couronne.



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Statut IUCN Vulnérable - CITES annexe II - Mammifère (nom vernaculaire) - Panthera leo - Panthera - Pantherinae - Félidé - Bestiaire (iconographie)

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Définitions :

  • est généreux. Jour toujours avec une boule. Bien rugi, Lion ! Et dire que le lion et le tigre sont des chats ! (source : membres.lycos)
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Lion
 Panthera leo
Panthera leo
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidæ
Sous-famille Pantherinæ
Genre Panthera
Nom binominal
Panthera leo
(Linnæus, 1758)
Répartition géographique
Lion world distribution center.svg
Statut de conservation IUCN :

VU A2abcd : Vulnérable
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Statut CITES : Cites II.svg Annexe II,
Révision du 04-02-1977
Panthera leo
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Le lion (Panthera leo) est un mammifère carnivore de la famille des félidés du genre Panthera (félins). Il est surnommé le «roi des animaux», référence à sa crinière assimilée à une couronne. Le mâle adulte, facilement reconnaissable à son importante crinière, peut atteindre une masse de 250 kg, la puissance de sa morsure peut atteindre jusqu'à 330 kg[1] alors que la femelle adulte, plus petite, atteint le plus souvent 120 à 140 kg, ce qui en fait le deuxième plus gros félin sauvage après le Tigre de Sibérie. Un mâle adulte se nourrit de 7 kg de viande chaque jour contre 5 kg chez la femelle. Il vit en groupe, contrairement aux autres félins. Son espérance de vie, à l'état sauvage, est comprise entre 7 et 12 ans pour le mâle et 14 à 20 ans pour la femelle, mais il dépasse souvent les 30 ans en captivité.

La femelle du lion est la lionne, c'est elle qui va chasser, son petit est le lionceau. Le lion mâle ne chasse pas mais il est chargé des intrusions sur le territoire et des menaces contre la troupe. Le lion rugit. Il n'existe aujourd'hui à l'état sauvage plus que 16 500 à 30 000 spécimens dans la savane africaine, répartis en une dizaine de sous-espèces[2] et à peu près 300 au parc national de la forêt de Gir au nord-ouest de l'Inde[3].

Biométrie

Lion mâle adulte

Le lion est le deuxième plus grand félidé, après le tigre, et ainsi le plus grand carnivore d'Afrique. Un mâle fait 170 à 250 centimètres de long sans la queue, mesure à peu près 120 centimètres au garrot et possède une queue d'en moyenne 100 centimètres. Les mâles atteignent une masse corporelle comprise entre 150 et 250 kilogrammes à l'âge adulte[4]. Les femelles adultes ont, quant à elles, une longueur corporelle de 160 à 190 centimètres sans la queue, une taille au garrot d'environ 110 centimètres et une queue mesurant 85 centimètres, plus fine que celle des mâles. Elles pèsent entre 120 et 170 kilogrammes et ont une taille en moyenne 20 à 50 % moindre que celle d'un mâle[5]. En moyenne, les lions ont une taille à l'épaule plus importante que celle des tigres, mais sont moins longs. Les plus grands lions vivent au sud de l'Afrique, les plus petits en Asie. Le record du monde est détenu par un lion du Transvaal est 313 kg[6], [7]. Les lions du parc national du Serengeti en Tanzanie ont tendance à être plus petits que la moyenne[8].

Tête

Les lions ont des yeux ambre ou jaunes et une truffe noire. Leurs oreilles, noires au revers, sont arrondies et portent une tache blanche. Ils possèdent des griffes rétractiles qui sont protégées par des fourreaux de chair. Leurs canines peuvent atteindre six centimètres de long[5]. Leur langue est recouverte de papilles cornées recourbées leur servant à saisir la nourriture, mais également de se débarrasser des parasites.

Crinière

Les mâles possèdent une longue crinière, le plus fréquemment brun foncé, mais également occasionnellemen, noire, brun clair ou fauve. Les lions du parc national du Tsavo, sont quant à eux dépourvus de crinières. La crinière apparaît vers l'âge de trois ans et couvre des joues jusqu'au-dessus des épaules, parfois aussi sur le ventre et sur la poitrine. La forme et la couleur des mâles peuvent fluctuer non seulement entre les individus, mais également chez un même individu au cours de sa vie selon sa constitution physique.

Une crinière longue et foncée est un indicateur d'une bonne constitution et d'une grande force de combat, car le statut hormonal et la nutrition ont des conséquences sur l'épaisseur mais aussi sur la longueur de la crinière[9]. Des examens expérimentaux avec des crinières empaillées ont montré que les femelles réagissent positivement aux modèles avec une crinière longue et sombre, et que les mâles évitent les modèles aux crinières prononcées. L'explication en est qu'une crinière foncée et épaisse forme un handicap, car elle capte et conserve la chaleur. Les mâles ainsi handicapés, mais néanmoins «survivants», se révèlent par conséquent être les porteurs de meilleurs gènes. Cela est avéré par le fait qu'un animal affaibli d'une manière ou d'une autre présente une crinière plus claire et moindre (des changements d'aspect de la crinière ont été observés chez un même individu au cours du temps) [10].

En pratique, la crinière pourrait être une protection contre les coups de griffes lors de combats avec des mâles rivaux.

Image thermographique d'un lion

D'autre part, les dernières recherches ont aussi prouvé que la température a aussi un effet important sur la longueur de la crinière, et les mâles de régions plus froides, même indépendamment de leur sous-espèce, forment une crinière plus importante que ceux vivant dans des régions particulièrement chaudes. Ainsi, les individus mâles des zoos de régions au climat plus continental forment le plus fréquemment une crinière énormément plus importante que celle de leurs congénères restés dans des pays plus chauds[10], [11].

Chez les lions d'Asie, mais aussi certains spécimens d'Afrique de l'Ouest (au parc de la Pendjari au Bénin, par exemple), la crinière est clairement moins prononcée que chez leurs cousins d'Afrique, les poils ont la particularité d'être aussi plus fins.

Vibrisses

Article connexe : Vibrisse.

Tout comme les autres félins, le lion a de nombreuses moustaches épaisses, aussi connues sous le nom de vibrisses. Ces longs poils sensibles aux vibrations aident le lion à se diriger dans l'obscurité, ou lorsque son champ visuel est obstrué. L'essentiel de sa chasse se déroulant la nuit, ils l'aident presque à «sentir» son chemin dans l'obscurité, le nez vers le ciel, et ressentant le sol dans l'obscurité la plus totale. Les plus longues moustaches sont sur sa lèvre supérieure ; ce sont les vibrisses mystaciales. Les moustaches au-dessus des yeux sont nommées les vibrisses superciliaires. Il y a également des vibrisses sur l'une ou l'autre joue, nommées les vibrisses géniales. Les vibrisses peuvent se développer non seulement sur le visage, mais autant sur le dos des pattes : ces dernières sont nommées poils de carpelle et sont utilisées pour ressentir des vibrations terrestres[8].

Il est envisageable d'identifier les lions en dénombrant les points noirs qui mouchettent leur peau au-dessus de leurs babines, à la base des poils de leurs moustaches.

Corps

Les lions ont une musculature imposante et particulièrement développée. Leur corps est allongé et trapu sur d'épaisses pattes musclées. Celles-ci permettent de mettre à terre des proies pouvant faire plusieurs fois leur propre taille. Leur mâchoire est puissante pour être capable de déchirer l'épaisse peau des proies (telles que les gnous), et pour rester accrochée sur une proie qui chercherait à faire tomber le prédateur de son dos. Les muscles des pattes sont aussi capables d'infliger de sérieux dommages. Un grand coup de patte d'un lion est assez puissant pour provoquer la rupture des organes internes et même pour casser des os[8].

Couleur du pelage

Articles connexes : Lion blanc et Leucistisme.
Lion blanc

Leur pelage court est de couleur sable, jaune-or ou alors ocre foncé. La face intérieure des pattes est encore plus claire, tout comme le ventre, chamoisé chez le mâle, presque blanc chez la femelle. Les jeunes lionceaux ont des taches sombres sur la totalité du corps, mais qui disparaissent déjà au cours de la première année. Dans des cas particulièrement rares, ces taches restent toujours visibles à l'âge adulte, mais demeurent insignifiantes, n'étant visibles que de près[5].

Comme chez les tigres, il existe chez les lions des cas occasionnels de leucistisme ; moins d'une centaine de spécimens[12] dans le monde possèdent cette particularité génétique due à un gène récessif, qui donne une couleur blonde, crème ou alors blanche au pelage. Le leucistisme est différent de l'albinisme, et ne pose aucun problème direct sur la physiologie de l'animal[Note 1]. Les yeux conservent leurs pigments et restent le plus fréquemment de couleur normale (noisette ou or), mais peuvent aussi être bleu-gris ou vert-gris. Les lèvres et les coussinets restent aussi normalement pigmentés.

Chez le mâle leucistique, la crinière mais aussi l'extrémité de la queue, normalement sombres ou alors noires, sont particulièrement pâles. Les spécimens les plus connus sont probablement les lions blancs de Timbavati en Afrique du Sud, où deux lions blancs sont nés d'une lionne et d'un lion de couleur fauve dans une réserve naturelle privée[13]. Chris McBride a été le premier à les observer en octobre 1975 et a rédigé deux livres sur le sujet[14], [15]. En 2005, deux lionceaux au pelage blanc ainsi qu'aux yeux bleus sont nés dans un parc zoologique à proximité d'Agen[12] et quatre au parc zoologique de Jurques, près de Cæn, le 20 mai 2007, de deux parents blancs aussi[16]. Le zoo de Beauval dans le Loir-et-Cher fut le premier parc français à présenter un couple de lions blancs au public[17].

Il n'existe aucune preuve tangible de l'existence de lions mélaniques (noir) [18].

Excroissance caudale

Le plus surprenant chez les lions est leur queue se terminant par un pinceau de poils noirs ; non seulement cette dernière est indispensable contre les mouches, mais à l'extrémité se trouve une vertèbre non développée, découverte par Didyme d'Alexandrie. Ce dernier trouva à l'extrémité de la queue, caché au milieu des poils, un ergot corné noirâtre, et il supposa que c'était là l'organe qui, quand le lion, au moment du danger, agitait violemment sa queue, lui piquait les flancs à la manière d'un éperon et l'excitait à se jeter sur ses ennemis. Cette observation passa presque inaperçue, et soit que les naturalistes modernes n'en eussent pas connaissance, soit qu'ils la révoquassent en doute, aucun d'eux n'en parla jusqu'à Johann Friedrich Blumenbach, qui confirma l'exactitude du fait anatomique rapporté par Didyme, mais sans adopter l'opinion de ce dernier relative aux usages de cette partie.

Tout à l'extrémité de la queue du lion, l'ergot noirâtre de consistance cornée, de 8 à 11 mm de longueur, est entouré à sa base par un repli annulaire de la peau et adhère résolument à un follicule unique d'apparence glanduleuse ; la couleur est celle de la corne, devenant d'ailleurs de plus en plus obscure, jusqu'à l'extrémité qui est presque noire. Il est comprimé latéralement dans toute son étendue ; droit depuis la pointe jusqu'au tiers de sa longueur, il se coude un peu en ce point, qui est marqué par une faible dépression ; à partir de cette courbure, il s'élargit rapidement jusqu'à sa base. Ces parties, si petites, et la pointe cornée sont littéralement ensevelies au milieu de la touffe terminale de la queue. Gérard Paul Deshayes, en 1829, décrit cette partie comme une sorte d'ongle ou de production cornée ayant la forme d'un cône légèrement recourbé vers la pointe, adhérant par sa base à la peau uniquement, et non à la dernière vertèbre caudale, dont il est scindé de 4 à 6 mm. Cet ergot peut être assez aisément détaché, l'adhérence n'est pas bien forte et il reste mou à sa base dans toute la partie qui adhérait à la peau. Il manque souvent sur les spécimens ; la présence de cet organe semble cependant indépendante de l'âge mais aussi du sexe[19].

Performances physiques

Il est couramment admis que les lionnes sont plus rapides que les mâles et peuvent atteindre des vitesses maximales proches de 60 km/h [20], [21], mais cette vitesse ne peut être maintenue que sur de faibles distances.

Répartition géographique et habitat

Répartition géographique actuelle du lion en Afrique

Jadis, le lion devait posséder la répartition géographique la plus étalée de l'ensemble des mammifères terrestres. Le lion d'Amérique (Panthera leo atrox) était présent du Pérou à l'Alaska pendant tout le pléistocène supérieur, alors que des cousins occupaient la Sibérie et l'Europe centrale, et d'autres toujours étaient répartis entre l'Inde et l'Afrique du Sud. L'étendue de la répartition perd cependant de son importance à la fin de l'ère de glaciation.

La répartition du lion aux époques historiques, plus restreinte, a cependant été importante. Elle couvrait de grandes parties de l'Afrique, mais également l'Europe du Sud mais aussi le Proche-Orient et l'Inde. Jusqu'à l'Antiquité, des lions vivaient toujours dans les Balkans, le sud de l'Europe (Panthera leo europæa) ainsi qu'en Anatolie ou au Moyen-Orient, et de nombreux auteurs qui leur étaient contemporains en font rapport (Hérodote, Aristote ou la Bible[22], entre autres). On suppose qu'en Europe, le lion a disparu du fait de l'homme au Ier siècle apr. J. -C. .

Aujourd'hui, sa diffusion est beaucoup limitée à l'Afrique subsaharienne. Néanmoins, l'extrême sud de l'Afrique ne compte plus de lions depuis les années 1860, époque de l'extinction du lion du Cap (Panthera leo melanochaita). En Afrique du Nord, le lion de l'Atlas (Panthera leo leo) a disparu dans les années 1920. Et de la même manière, les populations de lions d'Asie (Panthera leo persica) ont en quasi-intégralité disparu au XXe siècle. Un dernier groupe de survivants s'est cependant réfugié dans le parc national de la forêt de Gir dans l'état de Gujarat, en Inde où il ne reste qu'environ 300 spécimens. Les populations significatives de lions africains sont situées dans les parcs nationaux du Kenya, de Tanzanie et d'Afrique du Sud et se font rares en dehors des zones protégées. Classé comme «vulnérable» par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le lion est exposé à un risque d'extinction.

Les lions ont une grande capacité d'adaptation et de nombreux habitats différents. L'habitat naturel préféré du lion est la savane, mais il figure aussi dans les forêts sèches et les demi-déserts. On ne le trouve cependant jamais dans les forêts denses et humides ou les déserts arides. Donc, l'espèce manque naturellement dans les forêts tropicales humides centrafricaines et les déserts les plus secs de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient.

Mode de vie

Comportement social

Une lionne à la recherche d'un gibier

Contrairement aux autres fauves, plutôt solitaires, les lions vivent dans des troupes, qui sont des unités sociales permanentes, composées de femelles apparentées entre elles, de mâles non apparentés aux femelles et de leur progéniture. La dimension du territoire et le nombre de proies déterminent la dimension du groupe qui fluctue de 3 à 30 individus. Il y a généralement dans le groupe un à sept mâles adultes et d'une à dix-huit femelles. Le territoire d'une troupe couvre 20 à 500 km². Dans le parc national du Serengeti en Tanzanie, la densité des lions peut atteindre un individu par kilomètre carré. Dans l'ancien cratère du Ngorongoro, le nombre maximum d'individus est de 1, 6 à 2, 4 au km². Les frontières de leur territoire sont délimitées par leurs crottes et leur urine, qui sont une «revendication» des propriétaires et indiquent qu'il y a défense de pénétrer dans la zone. Ils grattent aussi la terre avec leurs pattes avant et arrière, déposant sur la terre une substance sécrétée par des glandes localisées dans leurs coussinets[23].

Les jeunes mâles restent à peu près deux à trois ans dans le groupe, jusqu'à ce qu'ils aient atteint leur maturité sexuelle. Ils sont ensuite chassés par le lion dominant. Les femelles par contre passent le plus souvent toute leur vie dans le groupe de naissance et s'y reproduisent. Ceci permet d'éviter la consanguinité.

Lorsque les jeunes mâles ont été chassés du groupe par leurs pères, ils deviennent nomades et forment ensemble une «coalition», quelquefois rejoints par d'autres jeunes mâles. Le lien entre les mâles est particulièrement fort. Les jeunes mâles parcourent ensemble des distances particulièrement importantes, ne respectent pas les frontières des territoires, mais ne fondent pas leur propre territoire. Puisque les mâles ont particulièrement peu de succès à la chasse, comparativement aux femelles, les jeunes nomades se nourrissent en particulier de charognes.

De telles coalitions de jeunes mâles vont essayer de prendre la tête d'une troupe en évinçant les mâles résidents. Cependant, cela n'est pas forcément une réussite. De telles luttes sont le plus souvent sanglantes, et il n'est pas rare qu'elles s'achèvent mortellement. Si les vieux mâles du groupe perdent la lutte, ils sont chassés et mènent ensuite une vie de solitaires. Fréquemment, ils meurent des conséquences de leurs blessures. Si les nouveaux venus gagnent, ils en viennent souvent à l'infanticide, c'est-à-dire qu'ils tuent les petits de leurs prédécesseurs. Ce comportement permet aux femelles de retrouver rapidement un œstrus et par conséquent d'être à nouveau aptes à la reproduction. Les mâles peuvent ainsi s'accoupler plus tôt et assurer leur propre descendance. Ce comportement est adaptatif : en effet, la compétition est rude entre les coalitions de mâles et de jeunes mâles viendront bientôt essayer de les détrôner pour prendre à leur tour la tête du groupe. Les mâles n'ont par conséquent pas de temps à perdre et ils doivent tenir à la tête du groupe jusqu'à ce que les lionceaux soient assez grands pour être épargnés. Les mâles restent rarement plus de trois ou quatre ans à la tête du groupe, et n'ont par conséquent pas le temps d'attendre que les portées des prédécesseurs soient devenues adultes pour se reproduire. Il arrive souvent que les femelles attaquent le mâle assassin[24].

En général, les lions ne pratiquent pas de toilettes mutuelles complètes, seul le dos du nez est nettoyé ; mais lors de salissures grossières, par exemple par le sang des proies, il peut arriver qu'un membre effectue des soins de fourrure.

Communication

Deux jeunes lions grognant

Les lions communiquent entre eux par de nombreux moyens. Ce sont des animaux sociaux et par conséquent la communication est plus développée que pour les autres félins. Leur communication vocale se compose de grognements, grondements, sifflements, gémissements, miaulements, et du célèbre rugissement. Leur os hyoïde n'est que partiellement ossifié, c'est cette disposition qui leur sert à rugir, mais par conséquent, ils ne sont pas en mesure de ronronner à proprement parler ; mais ils le font, comme d'autres fauves, par expiration. On l'entend lorsque deux lions agissent l'un sur l'autre sur une base amicale. Le ronronnement ne retentit pas comme celui d'un petit chat, mais plutôt comme un grognement ou un ronflement grave. Le rugissement a diverses significations, selon la situation dans laquelle il est employé. Rugir est utilisé pour délimiter le territoire, appeler les autres membres du groupe, intimider les rivaux et renforcer le lien «familial» entre les membres du groupe. Les rugissements du mâle sont plus forts et plus profonds que ceux de la femelle. Par une puissante expiration, les lions rugissent, rentrant leurs flancs et gonflant la poitrine, fréquemment dans un bas grondement commençant par quelques bas grognements et gémissements, qui indiquent à d'autres lions qu'un groupe vit dans le secteur, et de rester en dehors du territoire. Par une nuit claire, il peut être entendu jusqu'à cinq kilomètres de distance[25]. Les femelles emploient un bas grognement pour appeler leurs petits.

Le langage corporel est d'égale importance. Les lions ont un cérémonial complexe de salutation au cours duquel ils gémissent doucement l'un et l'autre, balancent la tête latéralement et gardent la queue levée vers le haut, ou alors posée sur le dos de l'autre lion. Comme certains autres chats, les lions se cognent la tête en se saluant. Le lèchement de la tête, des épaules et du cou est aussi un signe d'affection. Les lions, tout comme d'autres chats sauvages, ont les oreilles noires avec de grands cercles blancs sur leur dos. Ces grands cercles blancs permettent d'indiquer l'humeur : lorsqu'il s sont fâchés, les lions et d'autres carnivores étendent leurs oreilles à plat contre leur tête. Il est complexe de dire si un félin est fâché à distance, mais si vous voyez les cercles blancs clignotants, vous pouvez savoir à distance que ce dernier est furieux et qu'il vaut mieux ne pas s'en approcher. Cela permet d'éviter énormément de combats[8].

Reproduction

Accouplement

Les lions atteignent leur maturité sexuelle et sociale à l'âge de trois ou quatre ans[26], leur maturité physiologique à 30 mois pour les mâles et 24 mois pour les femelles[27]. Il n'y a pas de saison de reproduction définie. Pour vérifier la fécondité d'une femelle, le mâle utilise l'organe de Jacobson, se situant sur le palais, sous la surface intérieure du nez. Pour ce faire, le lion relève la lèvre supérieure et ouvre la gueule. Ce processus est qualifié de flehmen.

Même si un mâle arrive au sommet de la hiérarchie, il ne peut se reproduire avec une femelle qu'avec son consentement. C'est en tournant autour de lui, en se roulant à ses pieds, en frottant sa tête contre son cou, que la femelle provoque le mâle dominant. Elle se met à plat ventre et relève la croupe ; cette position, nommée lordose, permet au mâle une meilleure pénétration. Pendant l'accouplement, le lion garde la nuque de la femelle dans sa gueule et la mord au cou. Cela la garde instinctivement calme ; le pénis du mâle est garni de protubérances épineuses et quand il se retire, on suppose que la lionne ressent de la douleur. C'est ainsi qu'elle proteste en rugissant et se retourne souvent contre lui dans une posture agressive. C'est la pénétration qui déclenche la ponte des ovules qui seront fécondés par les spermatozoïdes[8], [28]. Si une lionne accepte de se reproduire, ils s'accoupleront l'ensemble des 15 minutes et ce, jusqu'à 50 fois par jour, auquel cas chaque rapport dure à peu près 30 secondes, jusqu'à ce que l'œstrus de la femelle, qui ne dure que quatre jours[27], soit terminé[29].

Après une gestation d'environ quatre mois[30], la lionne, cachée loin du groupe, met au monde un à quatre[27] petits lionceaux aveugles de 1, 1 à 1, 37 kg[27]. Durant leurs six premières semaines de vie environ[31], ils ne seront qu'allaités par la mère dans la cache par ses quatre glandes mammaires. Si cette dernière est assez éloignée du groupe, la mère ira seule à la chasse. Il peut arriver que les petits restent jusqu'à 48 heures seuls dans la cache ce qui peut s'avérer dangereux, en particulier à cause des hyènes et de bien d'autres prédateurs. Après trois à quatre semaines[27], la lionne amène ses petits dans le groupe et ils se mêlent à d'autres lionceaux. Les problèmes d'acceptation sont rares.

À partir de ce moment, les jeunes lions tètent non seulement leur mère, mais également les autres lionnes, de sorte que l'éducation incombe à l'ensemble des femelles du groupe. Vers l'âge de six mois, [32] les lionceaux sont sevrés ; ils restent toujours à peu près deux ans[27] auprès de leur mère.

La durée de vie d'un lion s'élève de douze à quatorze ans à l'état sauvage, rarement plus de vingt ans[27]. Cependant, seules les femelles atteignent un tel âge. Les mâles sont le plus souvent tués par un plus jeune concurrent ou, après une longue errance, ne trouvent plus de groupe et meurent de faim. Quelques lions ont cependant vécu en parc zoologique jusqu'à l'âge de 29 ans[27].

Certains observateurs ont rapporté que deux mâles ou femelles pouvaient aussi interagir entre eux et montrer des signes d'homosexualité. Dans la nature, à peu près 8% des rapports sexuels se font entre mâles, alors que les activités entre femelles ne sont cependant observables qu'en captivité [33], [34].

Reproduction et infanticide

Seuls les mâles au sommet de la hiérarchie peuvent se reproduire, car le dominant a pleine autorité sur le harem. Mais cette période ne dure en moyenne que deux à quatre ans[29]. Or, chaque femelle n'élevant qu'une seule portée à la fois, un mâle dominant nouvellement arrivé au sommet de la hiérarchie ne peut pas se permettre d'attendre jusqu'à deux ans avant de pouvoir s'accoupler. Pour rendre des femelles fécondables, il n'hésitera par conséquent pas à tuer des petits[32].

Alimentation et chasse

Bataille pour la proie
Jeune éléphant ayant été la proie de lionnes à Savuti
Un lion et un lionceau dévorant un buffle

Le lion ne chasse le plus souvent que dans l'obscurité ou aux heures fraîches du matin ; l'obscurité et les températures plus clémentes forment un avantage important. Qui plus est , le lion est inactif de 20 à 21 heures par jour, dont 10 à 15 heures de sieste[35]. Il consomme en moyenne 7 kg de viande par jour[29]. Cependant, si la chasse a été bonne et s'il a manqué quelques repas, la lionne peut avaler jusqu'à 30 kg de viande en une seule fois et le mâle jusqu'à 40 kg[36]. Les lions ne chassent que quand leur réserve de nourriture est épuisée.

Les proies principales sont les ongulés de grande, moyenne et petite taille :

Il chasse aussi des buffles, phacochères, zèbres, girafes, lapins, oiseaux et parfois poissons. Dans certaines régions, des lions se spécialisent même pour un type de proie précis. Ainsi des groupes importants de lions, d'environ 30 individus, attaquent régulièrement des éléphants adultes. À Savuti ainsi qu'à Linyanti, il arrive même qu'ils s'attaquent à des hippopotames. Mais le plus souvent la majorité des hippopotames, rhinocéros, éléphants sont trop imposants de par leurs statures, en effet les lions fuient le plus souvent les éléphants et rhinocéros en colères.

Les gazelles, les damalisques, les springboks et les impalas sont des antilopes particulièrement rapide à la course et sont le plus souvent exclues de leurs proies, les lions sont contraints à chasser des animaux plus lents.

Vers l'âge de deux ans, les lionceaux apprennent l'art de la chasse et partent à trois ans avec leur mère chasser une première fois.

Dans la savane, milieu ouvert, les lions sont aisément repérables par leurs proies. Qui plus est , un animal vigoureux peut venir à bout d'un chasseur solitaire. Un jeune buffle du Cap a été observé luttant avec une lionne pendant 90 minutes pour ne perdre finalement que sa queue. La chasse à deux ou à plusieurs offre par conséquent de meilleures chances de succès et permet des prises imposantes. Les lionnes assurent de 80 à 90 % des prises lors de la chasse. Les mâles, plus lourds, moins rapides et plus aisément repérables par leur corpulence et leur crinière, sont moins efficaces.

Les lionnes et les lions utilisent des techniques différentes selon le terrain, leurs prédilections et les méthodes de défense des proies. La lionne chasse généralement à l'aube ou au crépuscule, ou encore à la faveur de la nuit. À l'affût, tapie derrière les hautes herbes, elle attend qu'un animal ait baissé la tête pour brouter, manifeste des signes d'inattention ou se trouve en position isolée. Elle risque alors une approche discrète jusqu'à 30 mètres à peu près, puis elle charge et projette violemment sa proie à terre. Pesant de tout son poids sur elle , elle la saisit à la gorge. Trachée et œsophage sectionnés, la victime meurt en quelques minutes. Les lionnes maintiennent fréquemment leur proie par le museau jusqu'à ce que celle-ci étouffe.

Quand elles chassent en groupe, les lionnes encerclent la proie, ou alors le troupeau, et s'en approchent ensemble ; elles rampent à plat ventre fréquemment sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à leur proie, auquel cas l'environnement est utilisé le plus intelligemment envisageable pour se camoufler. Quand une distance d'environ 30 mètres est atteinte, alors la proie est chargée. Chaque bond fait à peu près 6 mètres de long et peut atteindre le double en longueur et quatre mètres en hauteur[37]. La proie est alors tuée par une forte morsure à la nuque ou au cou de manière à atteindre la veine jugulaire ou la carotide.

Comme les lionnes chassent dans des espaces ouverts, la chasse commune augmente la chance de frapper avec succès une proie. Elles se renvoient aussi la proie entre elles. En outre, la proie dans le groupe peut être défendue plus aisément contre des voleurs comme les lycaons et les hyènes tacquises.

Le pourcentage de tentatives réussies fluctue aussi selon l'espèce pourchassée : à peu près 14 % s'il s'agit d'antilopes (damalisques, cobes, koudous, élands, bubales, oryx), 38 % pour les zèbres et les gnous et 47 % pour les phacochères. La chasse nocturne se solde par 33 % de succès, contre 21 % pour la chasse diurne, et les attaques dans les buissons (41 %) ont 3, 5 fois plus de chances de réussir que les attaques en terrain découvert (12 %) - selon des études [38]. En période de sècheresse, les lions mangent même des animaux morts de maladie ou des restes d'autres prédateurs. Dans le parc du Serengueti en Tanzanie, quand la majorité des ongulés ont migré à la recherche d'herbes tendres et d'eau, les lions s'attaquent aux animaux sédentaires : girafes, phacochères, petits mammifères (antilopes naines, lapins), oiseaux, serpents ou jeunes crocodiles. Les nuits de saisons sèches, les lionnes chassent quelquefois les impalas à la nuit tombée, des antilopes sédentaires particulièrement rapides et vigilantes la journée, qui vivent dans un milieu boisé.

Les mâles du groupe ne participent qu'exceptionnellement à la chasse, par exemple si des proies particulièrement grandes sont attaquées comme des buffles, des girafes ou des éléphants préadultes ; leur principal rôle est de protéger la troupe des autres lions. Après un succès, la hiérarchie du groupe entre en application : le mâle peut manger en premier (c'est la fameuse «part du lion»)  ; suivent ensuite les femelles haut positionnées et enfin les petits. Il y a rarement, auprès du cadavre, des luttes de rang où les membres du groupe s'infligent d'importantes blessures.

Fréquemment, les lions sont amenés à manger des charognes. Les lions mâles qui ont été chassés d'un clan sont contraints de se nourrir exclusivement de ce type d'alimentation. Cela les amène à chasser de leur butin d'autres animaux charognards comme les léopards ou les guépards. Fréquemment, le lion doit aussi chasser les hyènes tacquises de leur proie.

Relations interspécifiques entre prédateurs

Les relations entre lions et hyènes tacquises dans les zones où ils cœxistent sont uniques dans leurs complexités et leurs intensités. Les lions et les hyènes sont au sommet de la chaîne alimentaire, se nourrissant des mêmes proies, et sont par conséquent en concurrence directe. À ce titre, ils luttent fréquemment pour se voler ainsi qu'à l'occasion se tuer. Quoique la réputation des hyènes d'être des charognards opportunistes profitant de la chasse du lion, le cas inverse est particulièrement habituel. Au cratère du Ngorongoro, la population des hyènes dépasse largement celle des lions résidents, aussi ces derniers obtiennent une grande partie de leur nourriture en volant les proies des hyènes. La querelle entre les deux espèces ne dépasse cependant pas une simple bataille pour l'alimentation, c'est en fait la limite des territoires respectifs qui fixe les limites de ces conflits car contrairement aux autres espèces, les territoires ne se chevauchent pas, comme si les groupes de hyènes et de lions appartenaient à la même espèce. Cependant, les mâles sont particulièrement agressifs envers les hyènes, ils les tuent lorsqu'il s le peuvent, parfois sans les manger. Inversement, les hyènes sont les principales prédatrices des lionceaux, harcelant les lionnes[39].

Les lions dominent les félins plus petits que lui comme les guépards et les léopards. Ils volent leurs proies et tuent leurs petits, quelquefois l'adulte. Un guépard a 50% de chance de perdre sa proie vis-à-vis d'autres prédateurs[40] et les lions sont les principaux prédateurs de ses petits, on estime même à 9 petits sur dix tués par un lion dans ses premières semaines de vie. Pouvant survivre avec de petites proies et grimper dans les arbres, les léopards souffrent moins de cette prédation[41].

Les lions sont aussi en concurrence avec les crocodiles du Nil, et il arrive, suivant les tailles respectives que l'un ou l'autre se mange. Des lions ont été vus tuant des crocodiles[42] et des morceaux de lion ont été trouvés dans des estomacs de crocodile[43].

Relation avec l'homme

L'homme et la chasse au lion

Mosaïque de la chasse au lion de Péllas
Lion tué lors d'une chasse royale en Assyrie, VIIe siècle av. J. -C.
«Aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les récits de chasse tourneront toujours à la gloire du chasseur.»

— Proverbe africain

Depuis l'Antiquité l'homme chasse le lion. C'est d'ailleurs, quand l'animal est adulte, son seul prédateur (les lionceaux laissés seuls peuvent être la proie des léopards, des hyènes ou même de lions étrangers au groupe). L'homme chasse le lion pour assurer la sécurité de ses troupeaux, pour se protéger, mais également comme preuve d'un signe extérieur de vaillance[44] ou même pour les spectacles que formaient les jeux romains. Par conséquent, les chasses et les battues ont fait disparaitre bon nombre de sous-espèces. L'invention de l'arme à feu et de la «chasse sportive», va accélérer le processus, au rythme de la disparition des autres gros mammifères, les Big 5.

En Afrique de l'Est , dès les années 1900, des mesures de protection, qui consistèrent en la création de réserve de chasse comme le Parc national de Kilimandjaro ainsi qu'à une interdiction de chasser dans ces zones, ont été prises. Le droit de tuer s'achetant, le coût limitant les prises par une sorte d'enchère calculée sur les demandes passées. Les chasses rituelles continuent aussi et il n'est pas rare de voir des lions mutilés. Les chasses rituelles pratiquées se terminent par la vente des trophées, liant cette pratique à des intérêts économiques. Le Kenya Wildlife Service rapporte qu'entre 1999 et 2003, 49 lions ont été tués par les Masaï. Les populations de lion ont continué à chuter si bien que dans les années 2000, cette méthode de gestion de la faune a été remise en cause. En effet, la population totale des lions africains passe de 50 000 spécimens à 15 000 (au pire) au cours des années 1990[45]. La chasse, le braconnage et la diminution des aires sauvages rendent l'espèce vulnérable si quoiqu'il a fallu prendre de nouvelles mesures de protection. Les lions de cirques, ceux destinés au domptage ainsi qu'aux zoos ne sont plus prélevés dans la nature. La chasse respectant les traditions et le braconnage sont combattus. La chasse sportive au Botswana est interdite en février 2001 par le service de gestion de la faune locale quoique, avec 53 trophées comptabilisés en 2000, la chasse ait rapporté 5 millions de dollars à l'industrie de la chasse et 100 000 dollars aux caisses de l'État[45]. La «taxe d'abattage» se situant autour de 80 000 euros contre 3 000 pour un guépard[46]. L'office de la gestion de la faune zambienne a lui-même pris une mesure d'interdiction la même année[45]. En Afrique du Sud, près de 300 éleveurs élèvent à peu près 5 000 lions pour la chasse ; 480 lions, dont 444 élevés en captivité, ont été chassés dans le pays, pour un prix variant de 6 000 à 8 000 dollars la femelle et de 20 000 à 30 000 dollars le mâle[47]. Une loi viserait à interdire cette pratique.

En Asie, le lion a quasiment disparu depuis le milieu du XIXe siècle à l'état sauvage, tout autant par la chasse que par la réduction de son habitat.

Conséquence de la réduction de l'habitat

Les maladies représentent un autre problème, en particulier dans le Parc national Kruger en Afrique du Sud. Depuis qu'en 1995, un premier cas mortel de tuberculose est apparu chez les lions, des études approfondies ont été menées dans le parc. Selon le bilan, le taux de contamination des animaux du secteur sud du parc par les bactéries mortelles s'élevait à plus de 90%. L'infection venait des buffles chassés par les lions qui, par contact avec des bovins domestiques, ont introduit la maladie dans le parc et contaminé les lions. À peu près 70 % des bovins souffrent d'une tuberculose pulmonaire (phtisie), alors que chez les lions, la maladie se manifeste en particulier dans le dispositif digestif. Les animaux deviennent plus faibles, maigrissent beaucoup et meurent en quelques années. À côté de la tuberculose, il existe une seconde maladie particulièrement fréquente. À peu près 60 à 70 % des lions du parc Kruger sont contaminés par le virus de l'immunodéficience féline, qui «paralyse» le dispositif immunitaire de l'animal et ouvre ainsi la voie à la tuberculose. Contre les deux virus exterminateurs, il n'existe aucune vaccination.

En 1994, un tiers des lions du parc national du Serengeti sont morts suite à la contraction de la maladie de Carré[48], [49] face à laquelle ils sont particulièrement vulnérables.

Actuellement, les populations de lion sont particulièrement concentrées car contenues dans des parcs ou des réserves, les autres zones devenant impropres à leur survie en devenant des terres agricoles. La perte de diversité génétique entraine la naissance de maladie comme on a pu l'observer dans réserve du Hluhluwe-Umfolozi en Afrique du Sud où les 120 lions présents dans les années 2000 descendent de 3 lions des années 1960[50]. Or certains biologistes estiment à 500 à 1000 individus adultes la diversité génétique indispensable pour qu'une de leur population soit reconnue comme viable, c'est-à-dire disposant du minimum de diversité génétique indispensable à la survie[51], [52], [53]. Peu de ces populations correspondent à ce critère. En 2007, ces populations de lions ne sont néenmoins pas reconnues comme des populations à risque quoiqu'aucune étude sur ce problème ne soit réalisée. Au contraire de d'autres espèces, aucun transfert préventif à grande échelle pour diminuer le risque de perte du patrimoine génétique, n'est effectué. Cependant, pour résoudre des problèmes ponctuels de la réserve du Hluhluwe-Umfolozi, des tentatives d'insémination artificielle ont été effectuées avec difficulté pour éviter les problèmes d'intégration sociale liés aux introductions[50].

Prédation d'humains

En temps normal, les lions n'attaquent pas les humains. Il arrive aujourd'hui que quelques lions attaquent les humains en Afrique ; invariablement, les populations mènent des représailles. Les causes de la prédation d'humains sont toujours examinées par des scientifiques. Entre 1990 et 2005, 563 villageois ont été attaqués par des lions en Tanzanie, ce qui correspond à une augmentation énorme[54]. Il semble qu'ils n'attaquent que parce que leurs proies deviennent rares. En Tanzanie, ces attaques ont eu lieu dans la réserve du Selous, le district de Rufiji et la région de Lindi où l'homme étend son implantation et où la population des lions augmente grâce aux mesures de protection[54]. Certains lions peuvent aussi être contraints d'attaquer des humains à cause d'un problème physique, ne pouvant pas attaquer d'autres proies. En 2006, un lion soupçonné d'avoir tué 35 personnes[55] avait un défaut de dents.

Il a existé quelques lions qui semblaient chercher des proies humaines. Les histoires des traques et des morts de ces rares spécimens nommés mangeurs d'hommes ont été écrites par leurs chasseurs. John Henry Patterson en 1907 a rédigé The Man-eaters of Tsavo dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996. Le spécimen de Mfuwe est aussi connu.

Protection

Approximativement 16 500 à 30 000 lions vivent toujours en liberté[2]. L'IUCN est partie en 2004 du principe que le nombre de lions a diminué dans le monde entier au cours des vingt dernières années de 30 à 50%. Les raisons de ce recul ne sont pas totalement connues. On suppose que la réduction du gibier chassé par le lion, les conflits entre l'homme et le lion et la dégradation de son habitat sont les principales raisons de la diminution des populations de lions. À travers l'Afrique, le lion a disparu sur plus de 80% de son ancien territoire. Le lion africain est reconnu comme «vulnérable» sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN, à cause de la baisse constante de l'effectif de cette espèce. En Afrique de l'Ouest, le nombre des lions est inférieur à 1 500. Cette espèce répond au critère de «menacée au niveau régional». Il n'y a plus que 200 à 300 exemplaires en Asie, gravement menacés par la perte de leur patrimoine génétique.

Les nouvelles stratégies de protection du lion visent à renforcer les chances d'une cœxistence pacifique à l'avenir entre les lions et les hommes : une exploitation des terres intégrée avec la faune, une réduction des conflits entre l'homme et le lion et la prévention du commerce illégal du lion et de ses produits dérivés. L'avenir de ces «gros chats» semble déjà sur une meilleure voie dans quelques grandes réserves de l'Afrique du Sud et de l'Est alors que particulièrement précaire en Asie ; pour pallier ce dernier point, le gouvernement indien a mis en place dans les années 2000 un projet de réintroduction du lion dans le Kuno Wildlife Sanctuary  : l'Asiatic Lion Reintroduction Project[56].

Le lion en captivité

Les lions vivent en captivité depuis l'Antiquité, sur des périodes ponctuelles. Les Romains les utilisaient dans leurs Jeux par exemple. Il y a des lions en permanence en occident depuis la création des Ménageries, ancêtres des parcs zoologiques, au XVIIIe siècle. En Amérique, le premier lion fut d'ailleurs exhibé à Boston en 1716. En outre, les activités de divertissement, comme le domptage dans les cirques ou même les combats de lion, nécessitent la mise en place d'élevages. Les lions se reproduisent particulièrement bien en captivité et peuvent y vivre une vingtaine d'années, le record étant aujourd'hui détenu par une lionne du zoo d'Honolulu née en 1986[57].

Historique

Les monarques assyriens en élevaient au IXe siècle av. J. -C. [58] et Alexandre le Grand, selon la légende, vivait avec des lions apprivoisés par les Malhi du nord-ouest de l'Inde[59]. Plus tard, les Romains organisateurs des jeux en conservaient. Ainsi des Romains célèbres comme Sylla, Pompée, Jules César, ont ordonné la capture de centaines de lions à la fois[60]. Marco Polo rapporte que les princes indiens continuaient à en apprivoiser et que Kublai Khan gardait même des lions au sein de ses habitations[61].

William de Malmesbury rapporte lui que des lions ont été conservés en Angleterre, à Woodstock par la volonté d'Henri Ier[62], le lion étant présent sur les héraldiques anglaises.

Les zoos

L'espèce est reconnue, comme les tigres ou les requins, comme attracteur du public[63], ils sont par conséquent particulièrement présents dans les parcs zoologiques. Aussi les 2000 zoos aujourd'hui existants détiennent à peu près 1000 lions africains et 100 lions asiatiques dans les années 2000. Ils permettent de sensibiliser le public à l'environnement ainsi qu'à la conservation de ces espèces[63].

Des programmes d'échange existent depuis longtemps pour diversifier le patrimoine génétique des lions en captivité, cependant ils ne tenaient pas compte des sous-espèces, créant une pollution génétique au sein des populations de diverses origines. Les programmes actuels commencent à en tenir compte[64] et essaient de ne plus reproduire ensemble des lions de sous-espèces différentes. Le Species Survival Plan est une coordination des efforts en ce sens par l'Association américaine des Zoos et des Aquariums. En 1982, des procédures ont été mises en place en Amérique du Nord pour préserver le patrimoine génétique du lion asiatique. Le volet pour les lions africains a débuté lui en 1993, surtout pour la sous-espèce sud-africaine. La majorité des individus détenus sont cependant d'origine incertaine, ce qui rend leur réintroduction impossible[65].

La sous-espèce du lion de l'Atlas, la plus spectaculaire car la plus grande, n'est existante qu'à travers d'animaux détenus par des zoos. On peut en apercevoir douze au zoo de Port Lympne dans le Kent, au Royaume-Uni. Ceux-ci descendent tous d'animaux ayant appartenu au roi du Maroc. Onze spécimens, reconnus comme des lions de l'Atlas, sont aussi détenus par le zoo d'Addis-Abeba, un spécimen est identifié au Neuwied Zoo [66], quelques spécimens au zoo d'Amnéville[67]. La WildLink International , en collaboration avec l'Université d'Oxford, ont lancé un programme international ambitieux d'élevage conservatoire nommé Barbary Lion Project et qui vise à identifier ainsi qu'à reproduire ces lions pour les réintroduire dans un parc national du Maroc[66], [67].

Les spectacles de lions

Lithographie de dompteur de 1873

Les combats d'animaux générant des paris étaient courant au XVIIIe siècle. Des combats entre lions et chiens généralement ont été organisés à Vienne en Autriche à partir de 1800 et en Angleterre à partir de 1825[68], [69].

Les pionniers du domptage sont Henri Martin, un français, et Isaac Van Amburgh, un américain. Ils ont commencé au milieu du XIXe siècle et leurs techniques ont été particulièrement rapidement copiées[70]. Martin créera lors du troisième Cirque Olympique à Paris en 1831, une pantomime à grand spectacle, abrité derrière un grillage, nommée «Les Lions de Mysore» avec ses lions Néron et Cobourg, son tigre Atyr. Isaac Van Amburgh fit une tournée en Angleterre, devant la reine Victoria. Il copia rapidement le spectacle du français. Plus que le respectant les traditions domptage de chevaux, le domptage de fauve voulait marquer la supériorité humaine sur les forces brutes naturelles[70]. Jean-Baptiste Pezon est un autre dompteur de lions célèbre. Clyde Beatty est certainement le premier dompteur à avoir utilisé le support surélevé sur lequel les fauves viennent s'asseoir[71].

Cette tradition est toujours vivace, certains dompteurs actuels, comme le duo de magiciens Siegfried & Roy et leurs lions blancs, sont toujours célèbres.

La détention de lions

Certains individus ou entreprises privées élèvent des lions, leur détention est soumise pour de nombreux pays à des autorisations spécifiques. Fréquemment ces animaux sont détenus dans des conditions ne donnant la possibilité pas leur bien-être du fait entre autres du manque d'espace[72]. En France, régulièrement, des actions de saisie ont été menées par l'administration[73] même si certaines associations les trouvent peu virulentes[74]. L'Inde interdit même la possession de lion depuis 1998[73]. En outre de nombreux animaux s'évadent, donnant lieu à des battues qui se soldent fréquemment par l'abattage de l'animal[75].

En Afrique, le couple George et Joy Adamson est célèbre pour avoir élevé et apprivoisé la lionne Elsa, Elsa a été à l'origine de plusieurs livres et documentaires.

Taxinomie

Le lion, tout comme le léopard, le tigre, le jaguar et l'once ou panthère des neiges, est membre du genre Panthera de la famille des Felidæ.

Phylogenèse

Schéma du squelette d'un lion des cavernes

La phylogenèse est l'étude de la naissance et de la formation d'une espèce grâce à des fossiles. Le plus ancien fossile de lion a été découvert à Lætoli en Tanzanie ; selon les datations, il aurait certainement 3, 5 Ma.

Panthera leo est identifié pour la première fois en Europe, sur le site italien d'Isernia, par le fossile d'un lion des cavernes primitif (Panthera leo fossilis) âgé de plus de 700 000 ans. Une mâchoire inférieure de lion des gorges d'Olduvai au Kenya, plus vieille de 1, 75 Ma, montre des ressemblances frappantes avec le lion des cavernes primitif. Ceux-ci sont reconnus comme les plus grands lions d'Europe et ont chassé pendant l'interglaciaire cromérien, il y a plus de 500 000 ans, près de Wiesbaden en Hesse et près de Heidelberg dans le Bade-Wurtemberg. Quelques spécimens étaient presque aussi longs que les plus grands lions de l'histoire de la Terre, les lions américains (Panthera leo atrox) de Californie qui ont atteint un record de longueur : jusqu'à 3, 60 mètres de long avec la queue (longueur hors queue, à peu près 2, 40 mètres).

La plupart des découvertes de lions en Europe sont des lions des cavernes (Panthera leo spelæa)  ; apparus lors de la période glaciaire de Mindel, ils correspondent à une évolution des lions des cavernes primitifs. Quoiqu'il ne soit particulièrement apparenté avec aucune des sous-espèces actuelles, les études sur l'ADN ont confirmé que le lion des cavernes était un lion authentique[76]. Une autre sous-espèce a vécu, quant à elle , en Asie nord-orientale, en Béringie (au niveau de l'actuel détroit de Béring), nommée lion de Sibérie orientale et de Béringie (Panthera leo vereshchagini). En Europe centrale, Asie du Nord et en Amérique, les lions étaient, jusqu'à la fin du Pléistocène, une espèce fréquente de la faune locale, mais disparurent à la fin de la dernière période de glaciation.

Sous-espèces

Sous-espèces modernes

Lion asiatique à Bristol

Douze sous-espèces étaient habituellement reconnues, la plus grande étant le lion de l'Atlas disparut au cours du XXe siècle. Les différences majeures entre ses différentes subdivisions de l'espèce étaient la localisation et la taille de la crinière et du corps : la majorité de ces formes anciennement décrites sont désormais reconnues comme invalides car ne prenant pas en compte la variabilité naturelle entre les individus. Qui plus est , certaines descriptions de sous-espèces étaient basées sur des spécimens détenus par des zoos, dont l'origine n'était pas forcément certaines[65]. En 2004, seules huit sous-espèces sont reconnues[77], [78], [Note 2] ; parmi les sept sous-espèces africaines proposées, le lion du Cap (Panthera leo melanochaita) est certainement non valide[77].

Cependant, de récentes analyses génétiques menées sur différentes sous-espèces de lion ont conduit à diminuer le nombre de sous-espèces à deux : en 2008, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne reconnaît mais aussi le Lion d'Afrique (Panthera leo leo) et le lion d'Asie (Panthera leo persica) [79].

Les sous-espèces «des cavernes»

Les lions des cavernes sont actuellement tous éteints. Ils vivaient en Eurasie et en Amérique. On peut supposer qu'ils possédaient une touffe de poils noirs au bout de leur queue, tout comme les lions modernes. On pense que, contrairement aux lions actuels, ils chassaient seuls ou en couple. Cela a été prouvé par les lions de Rancho La Brea, en Californie, où les jeunes avaient des dents plus usées que les jeunes lions modernes. Ils ont pu habiter des grottes ou dans des failles pendant l'hiver.

Peinture d'un lion des cavernes par Heinrich Harder

Hybrides

Article détaillé : Hybrides Panthera.

La cryptozoologie s'est longtemps intéressé aux Marozis[82], prétendus lions tacquiss, à courte crinière qui vivaient dans les hauts plateaux du Kenya. La peau d'un lion de ce genre est gardée toujours actuellement au muséum d'histoire naturelle de Londres. Depuis la fin des années 1930, il n'y a plus eu d'apparitions. Actuellement, certains supposent qu'il s'agissait d'hybrides, produits d'un croisement entre un lion et un autre félin.

Les noms des hybrides sont composés de la première syllabe du père, suivie d'une syllabe de la mère :

Les mâles sont le plus fréquemment stériles, à cause de la fragilité des spermatozoïdes, mais les femelles peuvent être fertiles[Note 3].

Image du lion chez l'Homme

Articles détaillés : Symbolique du lion et Lion dans l'art.

Lion dans les mythologies et religions

Dans de nombreuses cultures antiques, le lion jouait un rôle symbolique important. En Égypte, les pharaons furent représentés par des sphinx, lions à la tête humaine[83]. La plus célèbre de ces représentations est le Grand Sphinx de Gizeh. Sekhmet fut vénérée comme déesse au corps humain ainsi qu'à tête de lionne, envoyée par contre les Égyptiens qui complotaient contre lui[5]. Des divinités mineures, comme le génie Nebneryou qui accueille les défunts au royaume des morts[84] ou Mihos, le fils de Bastet à tête de lion[85] ont existé, comme de nombreuses divinités hybrides possédant une partie du corps du lion : Pachet, Aker, Dédoun ou Tefnout par exemple[86].

Dans la mythologie grecque, les lions apparaissent dans diverses fonctions : le lion de Némée, représenté comme une bête mangeuse d'hommes à la peau impénétrable, fut tué par Héraclès, durant ses douze travauxref name="Elsa619" />. Dans l'histoire d'Androclès, une des fables d'Ésope, le héros, un esclave échappé, retire une épine de la patte d'un lion ; lorsque plus tard, pour le punir de son évasion, il fut jeté par son maître au lion pour être dévoré, l'animal le reconnut et refusa de tuer l'homme.

Dans les religions judéo-chrétiennes, le lion est un animal polysémique, en particulier dépeint à travers les images positives de saint Jérôme et son lion, du tétramorphe (lion de saint Marc) et de Daniel épargné par les lions[87] ; cependant, une connotation négative lui est associée par un passage de Pierre faisant référence à Satan qui déambule «tel un lion cherchant une proie à dévorer[88]». Ainsi, le lion revient fréquemment dans les églises catholiques car il représente la force du croyant combattant le péché, et dans les objets : bracelets en patte de lion, siège épiscopal sculpté à l'effigie du lion, sur le socle des chandeliers, les portails d'église[84]… À l'époque romaine, pendant les persécutions, les chrétiens étaient jetés aux lions ; ceci les connota aussi négativement et fut à l'origine d'expression comme «être jeté aux lions».

Iconographie

Article détaillé : Lion dans l'art.

Premières représentations du lion au paléolithique

Les chasseurs du Paléolithique supérieur (Aurignacien) représentaient déjà le lion il y a plus de 30 000 ans. Le lion des cavernes peut être aisément identifié à cause de la présence d'un toupet de poil au bout de la queue dans les représentations du paléolithique[89]. Le lion est représenté la face tournée vers l'observateur et non de profil dans l'art préhistorique africain à cause de légendes qui lui attribuent des pouvoirs magiques liés à son regard[87]. L'homme lion, sculpture d'ivoire de mammouth de près de 30 centimètres de haut, représentant le corps d'un homme surmonté d'une tête de lion des cavernes, compte parmi les œuvres d'art les plus impressionnantes de cette époque, mais également parmi les plus anciennes de toute l'histoire de l'humanité. Elle incarnait peut-être une divinité[90].

Représentations en Occident

Lion criblé de flèches
Bas-relief dans le palais nord de Ninive.

Le lion est aussi fréquemment représenté dans les arts figuratifs. Le lion prend l'image de la royauté et du soleil et se développe dans tout le Proche-Orient. À Babylone par exemple, la voie processionnelle est décorée de bas-reliefs en carreaux de céramique en forme de lion du temps de Nabuchodonosor II[84]. L'art assyrien, qui a influencé l'art des steppes puis l'art des nombreuses peuplades conquises par les nomades guerriers, dépeint aussi de nombreuses chasses aux lions, particulièrement réalistes. Ce type de représentations visait à glorifier le roi, maître des bêtes, et aussi représenter la défaite de l'ennemi. Le thème du fauve, fréquemment un félin ou un ours, se jetant sur sa proie est particulièrement habituel. L'art assyrien a apporté le goût du réalisme et du naturalisme à ses peuplades, qui s'est ensuite transmis dans toute l'Eurasie, et surtout les peuples germaniques et asiatiques[87].

Chez les Grecs et les Romains, le lion fait figure de gardien ; ainsi, la porte des lionnes protège le palais d'Agamemnon contre les ennemis et les démons[87]. Dans l'art grec, le motif des scènes de chasse du lion de Némée dont la peau est l'attribut d'Hercule est particulièrement présent. Chez les Romains, il est aussi particulièrement représenté comme animal du cirque, combattant contre des gladiateurs[84]. Dans l'art chrétien, le lion accompagne quelquefois Saint Jérôme, ou la force, c'est le symbole de Marc l'Évangéliste, de la royauté. Roi des animaux dans le bestiaire médiéval, il est particulièrement présent dans l'art monumental.

À partir de la Renaissance, les représentations animales deviennent de plus en plus anatomiquement précises : les artistes s'exercent à la représentation de sujets réels détenus dans les zoos[87]. Le Douanier Rousseau est célèbre pour ses peintures de la jungle, et surtout pour La bohémienne endormie où un lion solitaire s'approche d'une bohémienne endormie dans le désert. Au XIXe siècle, de nombreuses illustrations zoologiques faites par les naturalistes montrent exactement le lion[84].

Représentations asiatiques

Lions gardant la cité interdite.

Le lion n'est présent en Asie que dans la péninsule indienne, il est néenmoins particulièrement présent dans l'art statuaire de la totalité des pays asiatiques. Des lions, représentés avec une crinière bouclée, montent la garde devant les pagodes, comme celle de Kuthodaw ou dans les temples bouddhistes[5]. Originaire d'Inde[91], la danse du lion est une danse respectant les traditions effectuée au Nouvel an chinois pour faire fuir les démons et apporter la chance[5].

Une figure héraldique

Blason de la Norvège.
Articles connexes : Lion (héraldique) et Armorial au lion.

La fascination des hommes pour cet animal est visible dans la multiplicité d'écussons sur lesquels il est illustré, au point qu'un proverbe affirmait : «qui n'a point d'armes, porte un lion[92], [Note 4]». Ainsi, on le retrouve, entre autres, sur les écussons de l'Écosse[93], de la Norvège[94], de la Belgique[84] ou de villes comme Lyon[95]. Le lion est représenté le plus fréquemment rampant, c'est-à-dire dressé sur ses pattes arrière, mais de très nombreuses formes existent : léopardé, lampassé, ramassé, morné, etc. Le lion en héraldique est nommé lion avec la tête de profil et léopard avec la tête en face, ainsi les lions du blason anglais sont des léopards. Une symbolique basée sur la figure du lion a pu être créée, par exemple, un lion d'argent sur champ de sinople symboliserait la tempérance[96] et selon Marcel Brion, les divers lions héraldiques sont issus de lointaines croyances préhistoriques[87]. Quoiqu'il soit reconnu comme le «roi des animaux», le lion est sans autorité sur les oiseaux. C'est cet antagonisme entre l'aigle, seigneur des cieux et symbole du pouvoir impérial, et le lion qui va motiver le choix de faire figurer l'animal sur des armoiries. Qu'il s'est fait connaitre des Européens, remonte au temps où il s'étendait autour de la Méditerranée.

Le lion est le symbole national de l'Inde, et figure sur ces armoiries sous la forme des lions de l'empereur indien Ashoka[5].

Utilisation commerciale

La figure du lion est utilisée par de nombreuses marques, non seulement pour le symbole reconnu comme positif, mais également par récupération. A titre d'exemple, la marque automobile Peugeot utilise comme symbole les armoiries de Sochaux depuis 1847. Ce lion héraldique est déposé comme logo depuis 1858. Plusieurs banques utilisent aussi la symbolique positive liée au lion. Le groupe bancaire ING utilise aussi un logo qui contient un lion, cette fois-ci, orange.

Littérature et cinéma

Le Roman de Renard et Yvain ou le Chevalier au lion sont de grands ouvrages du Moyen Âge dépeignant le lion[97]. L'œuvre littéraire antique ayant le plus influencé le Moyen Âge occidental reste le Physiologus, bestiaire antique écrit en grec au IIe siècle ou IIIe siècle à Alexandrie, puis traduit en latin au IVe siècle. Cette base antique a donné au lion son image de roi des animaux et son assimilation au Christ ; c'est aussi du Physiologus que sont issues les caractéristiques attribuées au lion au Moyen Âge[98] : il se tient en haut des montagnes, ses yeux sont ouverts même quand il dort[Note 5] et réanime ses lionceaux morts-nés au bout de trois jours. Ces thèmes sont bien illustrés dans les enluminures des bestiaires médiévaux[84].

Jean de La Fontaine, imitant Ésope dans plusieurs de ses fables, fait du lion un des personnages principaux (surtout Le lion et le Rat où le félin, impétueux, est opposé au rongeur, petit, faible mais patient). Joseph Kessel, en 1958, en a fait un roman : Le Lion, racontant l'histoire de la fille d'un directeur de parc naturel en Afrique qui est liée d'amitié avec King, un lion de la réserve et qui se voit demander en mariage par un guerrier massaï ; ce dernier, pour conquérir son cœur, veut lui montrer sa valeur en tuant un lion qui se trouve être King[5]. C. S. Lewis dans sa saga du Monde de Narnia utilise le symbole du lion, «roi des animaux», à travers Aslan[Note 6], dieu vivant combattant le mal, se sacrifiant pour le salut de son peuple et ressuscitant peu après. Dans l'heptalogie Harry Potter de J. K. Rowling, Gryffondor, l'une des maisons de l'école de sorcellerie Poudlard, est représentée par un lion. Ce lion symbolise le courage, la hardiesse, la force et la générosité, traits de caractère que sont censés avoir les élèves appartenant à cette maison[99].

Dans le cinéma avec, entre autres, le film d'animation à succès de Walt Disney Pictures Le Roi lion. Le lion est un personnage récurrent de nombreux films, de Tarzan au Le Magicien d'Oz, et les séries avec par exemple Daktari[5]. Le lion est aussi décrit comme une menace pour l'homme comme par exemple dans The Man-eaters of Tsavo de John Henry Patterson en 1907 et dont on a tiré plusieurs films comme Bwana le diable en 1952 et L'Ombre et la proie en 1996.

Le lion et les noms propres

Le lion est à l'origine des prénoms Léon et Lionel, un diminutif[100]. En hébreu, on trouve les prénoms Arié ('aryeh, le nom en zoologie[Note 7]) et Ariel : «lion de Dieu»[101] et dans Lavi (????).

En arabe, près de trois cents noms désignent le lion. Une consultation partielle du grand dictionnaire arabe-français de Kazimirski confirme ce nombre. Parmi eux figurent Assad ('asad, le nom zoologique[Note 8]), Abbas (`abbâs : «sévère, renfrogné») et Hamza[102]. Le turc connaît les formes Aslan (nom zoologique) et Arslan, cette dernière étant aussi la forme mongole. Ce prénom a donné en russe Rouslan[103]. Le persan shir est connu par le général Shirkuh («lion des montagnes»), oncle de Saladin, par la médersa Shir-Dor (ou Cher-Dor) («porte des lions») à Samarcande et , avec un élargissement de sens au tigre en hindi[104], par Shere Khan, le tigre du Livre de la jungle.

Que le lion ait l'image d'un animal fort et courageux[105] s'explique par le fait que jusqu'il y a peu, des hommes de guerre étaient surnommés par son nom. Parmi les plus récents, le seigneur de guerre afghan, Ahmed Chah Massoud était nommé par ses adeptes le «lion du Panshir», l'empereur éthiopien Hailé Sélassié se fit appeler le «lion conquérant de la tribu de Juda». A contrario, pour Richard Ier d'Angleterre ce ne sont ni sa force, ni son courage, mais ses sauts d'humeur qui lui valurent, en France, d'être surnommé «Cœur de Lion», en référence à l'imprévisibilité de l'animal.

Constellation

Articles détaillés : Constellation du lion et Petit Lion.

Dans le firmament de l'hémisphère nord, il existe deux constellations appelées pour cet animal : le Lion et le Petit Lion, localisée juste au-dessus de la première. La première, comme l'ensemble des constellations du Zodiaque, tire ses origines de la Grèce antique. Ainsi, elle fut mentionnée par Ptolémée dans son Almageste et correspondrait au lion de Némée tué par Hercule. Un signe astrologique est associé à cette constellation, aussi appelé Lion. La seconde constellation a été introduite énormément plus tard, au XVIIe siècle.

Annexes

Sources

Documentaire

Bibliographie

Liens externes

Liens de références

Notes et références

Notes

  1. Cependant, des conséquences indirectes, comme d'être plus visible dans la nature, par conséquent plus vulnérable, existent.
  2. Les huits sous-espèces sont les suivantes :
  3. Affirmation est présente dans l'article Ligre, mais sans source. Quoique semblant logique, l'ajout d'une source est indispensable.
  4. Ou la variante suivante : «Qui n'a point de blason, porte un lion»
  5. On retrouve ici une idée de gardien toujours en alerte.
  6. À noter qu'aslan veut dire lion en turc.
  7. Interwiki ????? (hébreu)  : ???? ('aryeh)
  8. Interwiki ??????? (arabe)  : ??? ('asad)

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