Lynx

Le genre Lynx de la famille des félins et de la sous-famille des félinés abrite quatre espèces de lynx. Parmi les félins, les lynx sont facilement reconnaissables avec leur face ornée de favoris...



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Lynx
 Lynx
Lynx
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidæ
Sous-famille Felinæ
Genre
Lynx
Kerr, 1792

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Le genre Lynx[Note 1] de la famille des félins (Felidæ) et de la sous-famille des félinés abrite quatre espèces de lynx. Parmi les félins, les lynx sont facilement reconnaissables avec leur face ornée de favoris et d'oreilles triangulaires surmontées d'une touffe de poil, et leur corps pourvu d'une courte queue et de longues pattes. Parmi les caractéristiques moins visibles, les lynx ne possèdent que 28 dents, au lieu des 30 dents habituelles chez les félins.

Descendants du Lynx d'Issoire, les lynx ont connu de nombreuses classifications taxinomiques différentes et les diverses espèces ont tour à tour été sous-espèces puis espèces à part entière. Depuis la fin du XXe siècle, seules quatre espèces sont reconnues : le Lynx du Canada (Lynx canadensis), le Lynx boréal (Lynx lynx), le Lynx pardelle (Lynx pardinus) et le Lynx roux (Lynx rufus). Le Caracal, qui morphologiquement ressemble aux lynx, a longtemps est membre du genre Lynx et est toujours nommé «Lynx du désert».

Prédateurs de l'hémisphère Nord, les lynx ont pour habitat préféré la forêt boréale. Reconnus comme particulièrement beaucoup répandus, exception faite du Lynx pardelle gravement menacé, ils font partie des rares félins dont on estime les populations stables. Tandis qu'ils tenaient une place importante dans la mythologie amérindienne, les lynx étaient fort méconnus en Europe et y ont souffert d'une réputation de bête féroce.

Caractères communs aux lynx

Morphologie

Corps

Les lynx ont une silhouette caractéristique avec leur courte queue et leurs longues pattes. Ici, Lynx boréal d'un zoo suédois.

Les lynx ont un physique particulièrement reconnaissable parmi les félins, et peuvent difficilement être confondus avec les membres d'un autre genre, outre peut-être le Caracal. Le corps est caractérisé par une démarche chaloupée du fait de leurs membres postérieurs particulièrement développés, ce qui est une particularité du genre, les félins ayant plutôt la partie antérieure du corps plus puissante[1]. Les jambes sont longues et les pattes volumineuses en comparaison du reste du corps ; c'est une adaptation au déplacement dans la neige : les longues pattes permettent de se dégager plus aisément dans un épais manteau neigeux et les pieds particulièrement larges agissent comme des raquettes pour ne pas s'enfoncer dans la neige[2], [3]. Qui plus est , les coussinets particulièrement larges ont pour effet d'étouffer le bruit des pas et d'assurer une démarche complètement silencieuse. Les lynx exercent une pression particulièrement faible sur le sol, même en comparaison avec d'autres carnivores : ainsi le Lynx boréal exerce une pression sur le sol trois fois plus faible que celle du Chat sauvage (Felis silvestris) [Note 2] et on estime ce ratio entre 4, 1 et 8, 8 pour le Lynx du Canada et le Coyote (Canis latrans). L'empreinte des lynx, aussi longue que large, est comparable à celle du chat domestique, la piste est presque rectiligne, en particulier quand ils avancent au pas[2].

La queue est courte, comme tronquée et se termine en manchon[4] ; elle mesure à peine 20 à 25 cm de long[5]. La taille totale fluctue selon les espèces, mais reste dans les mêmes proportions : seul le Lynx boréal se différencie cependant par son gabarit pouvant être deux fois plus élevé que celui des autres espèces. Le dimorphisme sexuel est important : les mâles sont en moyenne un quart plus gros que les femelles[2].

La quantité de taches et la couleur de la robe des lynx fluctuent selon les espèces et la latitude. Quatre types de robes sont reconnus : tacquis, rayé, uni ainsi qu'à rosettes[2]. Chaque individu a une disposition spécifique des marques. Parmi les quatre espèces de lynx, le Lynx pardelle a une fourrure particulièrement tacquise, alors que le Lynx du Canada a peu ou pas de taches, surtout parce que sa longue fourrure a tendance à atténuer les marques. Au nord, les robes des lynx sont plutôt de couleur grise tandis qu'au sud elles tendent vers le roux[5]. En règle générale, les joues, le ventre, l'intérieur des pattes, le menton et le tour des yeux sont de couleur crème. Le Lynx du Canada et le Lynx boréal ont une fourrure spécifiquement dense, surtout sur le dos où la concentration de poils atteint 9 000 poils/cm2 contre 4 600 sur le ventre ; on compte aussi de douze à treize poils de bourre pour un poil de jarre[2].


Taille et poids des différentes espèces du genre Lynx
Lynx boréal[6] Lynx du Canada[7] Lynx pardelle[8] Lynx roux[9]
Longueur 77 à 135 cm 85 à 114 cm 85 à 110 cm 76 à 124 cm
Hauteur au garrot 65 à 75 cm 60 à 65 cm 42 à 47 cm 45 à 68 cm
Poids 9 à 35 kg 8 à 14 kg 9 à 13 kg 6 à 13 kg

Tête

La tête d'un lynx est pourvue d'oreilles triangulaires surmontées de pinceaux noirs et de favoris autour des joues. Ici, un Lynx pardelle.

La tête des lynx, de forme arrondie et portée par un cou court, est aussi assez caractéristique. Les oreilles sont triangulaires, longues et ornées d'une touffe de poils noirs nommée «pinceau». Ces pinceaux auriculaires ne se trouvent que chez les espèces du genre Lynx et aussi chez le Caracal, le Chat des marais[10] et certaines races de chat domestique[Note 3]. Il se pourrait que cela permette de capter la direction du vent[10]. De longs poils le long des joues forment une collerette qui leur donne un air légèrement joufflu[4]. L'utilité de la forme du visage des lynx, surtout des pinceaux auriculaires, a été discutée. Matjuschkin a proposé une ressemblance avec la face du hibou, particulièrement ronde, avec des petites plumes dressées sur la tête[Note 4] : les favoris autour des joues du lynx formeraient un miroir parabolique servant à mieux capter les sons, alors que les pinceaux perfectionneraient la localisation sonore[11].

Les lynx ont pour caractéristique de n'avoir que 28 dents au lieu des 30 habituelles chez les félins[1] : ils ne possèdent que deux prémolaires sur la mâchoire supérieure, ce qui est une caractéristique du genre Lynx[12]. Le raccourcissement des mâchoires conduit à l'augmentation de la puissance de la morsure[5]. Parmi le genre Lynx, seul le Lynx boréal possède comme caractéristique de pouvoir avoir une dent surnuméraire[13]. La dentition lactéale des lynx ne comprend pas de molaires, l'ordre d'apparition des dents est canine - incisive - prémolaire, puis, pour la dentition finale incisive - canine - prémolaire - molaire[14].

Comparaison des formules dentaires du genre Lynx et de sa famille Felidæ

Légende

Capacités physiques

Comme l'ensemble des félins, les lynx ont une vision particulièrement sensible en faible luminosité et particulièrement précise pour détecter le mouvement. L'odorat est puissant, mais il ne sert qu'à la communication intraspécifique (marquage du territoire par exemple), et jamais pour la chasse comme pour les canidés[5]. Les vibrisses, fréquemment nommées «moustaches», se trouvent sur le museau, au-dessus des yeux, sur les joues et au niveau des pattes : comme pour l'ensemble des félins, elles sont un organe du toucher particulièrement sensible[15]. Les lynx ne réagissent pas à la cataire (herbe à chat) en captivité, mais seraient attirés par son odeur en liberté[16].

Les lynx sont tous des nageurs lorsqu'il le faut, et d'excellents sauteurs et grimpeurs[17], grâce à leurs membres postérieurs spécifiquement adaptés au bond[2]. Des lynx captifs se sont par exemple évadés en sautant par-dessus leur clôture de trois[18] à quatre[19] mètres. Comme l'ensemble des félins, les lynx sont de très mauvais coureurs de fond. Cette faible endurance peut être corrélée à la petite taille du cœur : le poids du cœur d'un lynx ne représente que 3, 4 à 6, 4 ‰ de sa masse totale[Note 5]. Les lynx connaissent trois allures : le pas, qui est l'allure la plus utilisée, le trot et le bond[2].

Comportement

Solitaire et territorial

Les lynx parcourent leur territoire à la recherche de proies.
Ici, un Lynx roux.

Comme l'ensemble des félins, les lynx sont territoriaux. Le territoire du mâle recouvre celui d'une ou plusieurs femelles. Les territoires, tout sexe confondu, comportent cependant des «zones neutres» où il est envisageable de circuler sans qu'il y ait affrontement : les limites du territoire sont souvent des zones neutres chez les lynx. La taille du territoire dépend de la densité de proies et de l'espèce de Lynx reconnue[20]. Le territoire du mâle peut atteindre 300 km2 en Amérique du Nord. Le lynx mâle est intolérant envers les autres mâles traversant son territoire, même si ce sont les femelles qui restent les plus vindicatives entre elles[21].

Les marquages olfactifs, qui permettent de signaler sa présence sur le territoire, sont le plus fréquemment effectués sur un support aisément repérable. Il s'agit le plus fréquemment de jets d'urine et de marques de griffures[Note 6]. Les marquages sont plus habituels au centre du territoire que sur sa périphérie[22].

Les lynx sont le plus souvent solitaires, excepté pour les femelles avec leurs petits. Les seules rencontres entre mâle et femelle se déroulent durant la période de reproduction pendant laquelle le mâle suivra la femelle dans tous ses déplacements[20].

Extrêmement discret, les lynx sont rarement aperçus. Dans le parc national de Bavière, où le Lynx boréal a été réintroduit, 10 000 promeneurs annuels empruntent un sentier à 300 mètres du lieu de reproduction du lynx ; la totalité du parc de 13 000 hectares, contenant six lynx résidant, était visité par 1, 3 millions de visiteurs en 1976. Pourtant, seules six à huit observations annuelles ont été rapportées[11].

Chasse

Les lynx sont en particulier actifs au crépuscule et au lever du soleil. Ils chassent essentiellement à l'affût. Les lynx, comme la majorité des félins, asphyxient le plus souvent leurs proies par une morsure ciblée au niveau de la gorge[5], et ne se servent totalement pas de leurs grosses pattes pour les assommer[2]. Les lynx peuvent parcourir leur territoire à la recherche de proies sur plusieurs kilomètres. La fréquence de chasse est d'une proie l'ensemble des deux à trois jours[23]. Le taux de réussite de la chasse fluctue beaucoup selon les individus. Pour le Lynx boréal, on estime que les femelles accompagnées de leurs petits réussissent leur chasse dans 60 à 70 % des cas, les mâles dans 40 à 60 % des cas et les subadultes dans 10 à 20 % des cas. La distance entre l'attaque et la mise à mort est le plus souvent de moins de vingt mètres. Les lynx ne poursuivent leur proie sur plus de deux cents mètres que dans un à cinq pour cent des attaques[11].

Les proies capturées sont différentes selon les espèces. La majorité du temps, les lynx mangent de petites proies comme les lagomorphes ou les oiseaux. Le Lynx boréal est l'unique à s'attaquer plutôt aux petits ongulés comme le chevreuil ou le chamois, quoiqu'il arrive que le Lynx roux s'attaque aux Cerfs de Virginie et que le Lynx du Canada chasse le Caribou. Le lynx n'est pas un charognard et refuse toute nourriture en état de décomposition trop avancé[5]. Les lynx peuvent s'attaquer au bétail : la pression de prédation sur les animaux domestiques est particulièrement variable selon les régions. Des cas de lynx spécialisés dans la chasse au mouton ont été rapportés. Lors de réintroductions de lynx, on constate une augmentation brusque des attaques sur le bétail suivie d'une période de stabilisation. En Europe, l'action des lynx sur le bétail est reconnue comme mineure en comparaison avec celles du loup et de l'ours[24]. Les lynx n'attaquent pas l'homme, pas même quand ce dernier s'approche de sa progéniture[25].

Les lynx mangent en position accroupie en commençant par les parties charnues de leur prise, comme les cuisses ou les épaules et n'attaquent jamais l'estomac et les intestins. La peau et les poils sont repoussés progressivement durant le repas et la peau retroussée finit fréquemment par «empaqueter» les parties du corps non mangées[26]. Les oiseaux sont plumés[11]. Les lynx peuvent aussi tirer leur proie sous le couvert des arbres pour manger au calme[26].

Cycle de vie

Malgré la protection apportée par la mère, la mortalité des jeunes est importante.

Le cycle de reproduction des lynx est soumis à de grandes variations. Ainsi, le cycle du Lynx du Canada est en étroite connexion avec celui du Lièvre à raquettes (Lepus americanus) et sa population varie à peu près l'ensemble des dix ans[27]. De même, les observations menées sur le Lynx boréal montrent que selon les années, seules 43 à 64 % des femelles donnent naissance à des jeunes[14].

La saison des amours se situe surtout à la fin de l'hiver. Après une parade amoureuse de plusieurs jours, le mâle retourne à ses occupations alors que la femelle part en quête d'un gîte pour mettre bas après une gestation d'environ deux mois. Elle élève seule ses petits et leur apprend à chasser. Ils quitteront leur mère quelques semaines avant l'apparition de la génération future. Ces subadultes chercheront un nouveau territoire : la dispersion est assez faible puisque les jeunes s'installent sur des territoires proches de ceux déjà occupés[22].

Statistique de la reproduction des différentes espèces du genre Lynx
Lynx boréal[28] Lynx du Canada[29] Lynx pardelle[30] Lynx roux[31]
Gestation 63 à 68 jours 63 à 70 jours 63 à 68 jours 50 à 70 jours
Taille de la portée 1 à 4 jeunes 1 à 8 jeunes 1 à 5 jeunes 1 à 8 jeunes
Âge d'émancipation 10 mois 10 mois 7 à 10 mois 12 mois
Maturité sexuelle ? : 30 mois
? : 20 à 24 mois
? : 24 mois
? : 22 à 23 mois[Note 7]
? : 33 mois
? : 21 mois
? : 18 mois
? : 9 à 12 mois


Les lynx sont particulièrement peu vecteurs de la rage. Sur mille lynx de Slovaquie capturés ou tués sur dix ans, seuls 0, 6 % étaient infectés par le virus rabique. Qui plus est , les lynx ne développent pas la forme agressive de la maladie et ont tendance à faire diminuer les populations de renards (très sensibles à la rage) par pression de prédation[11]. Cependant, les décès par maladie ne représentent qu'un quart des décès totaux. Les trois-quarts des décès des adultes sont dus à l'activité humaine, soit par une pression de chasse et/ou de braconnage, soit par le trafic routier[Note 8]. Pour les jeunes, c'est avant tout la famine et les maladies parasitaires qui déciment les populations (80 % des jeunes n'atteignent pas l'âge de procréer chez le Lynx boréal) [32]. Les lynx ont assez peu de prédateurs naturels en dehors de l'Homme. Selon les espèces, ours, loups, pumas et gloutons peuvent attaquer et tuer un lynx[33]. La longévité est d'une quinzaine d'années dans la nature et d'environ trente ans en captivité[28], [29], [30], [31].

Taxonomie et évolution

Histoire de la taxonomie du genre Lynx

La classification des lynx a fait l'objet d'un débat : les lynx devaient-ils être classés dans leur propre genre Lynx ou être un sous-genre de Felis ? En effet, jusque dans les années 1980, presque l'ensemble des félins étaient inclus dans le genre Felis, excepté les grands félins du genre Panthera et le guépard du genre Acinonyx : c'est la classification de Simpson. La taxonomie actuelle admet désormais que les lynx appartiennent à leur propre genre, mais les synonymes Felis lynx, Felis rufus ou encore Felis pardinus subsistent dans la littérature[34].

Le nombre d'espèces de lynx a énormément varié, du fait de la grande fluctuation morphologique, tant au niveau de la taille que de la couleur, des différents individus : jusqu'à sept espèces de lynx ont été proposées par Pocock et Balestri. Dans les années 1980, on comptait seulement deux espèces : le Lynx boréal et le Lynx roux. Un autre modèle à deux espèces a existé qui admettait seulement le Lynx boréal et le Lynx pardelle. Au sein de la totalité des différents modèles à deux espèces, l'unique variation était l'aire de distribution du Lynx boréal qui tour à tour englobait celle du Lynx du Canada ou du Lynx pardelle[13] : les espèces actuelles, en particulier le Lynx du Canada et le Lynx pardelle devenaient alors des sous-espèces du Lynx boréal Lynx lynx canadensis ou Felis lynx canadensis[34] et Lynx (Felis) lynx pardinus[35].

Le Caracal, du fait de similitude morphologique (tête, denture, queue) a longtemps été classé dans le genre Lynx. L'absence totale de taches, puis, plus tard, les analyses génétiques, l'ont écarté du genre Lynx vers son propre genre Caracal[13]. Le Manul (Otocolobus manul) a lui aussi provisoirement est membre du genre Lynx[36].

Phylogenèse

Analyse génétique

La phylogénie s'est longtemps basée sur l'étude des fossiles d'un animal pour préciser la naissance et l'évolution d'une espèce. La phylogénie moderne s'appuie principalement sur les analyses génétiques en raison du nombre peu important de fossiles de félins. Le premier félin daterait d'il y a 11 millions d'années. L'ancêtre commun des lignées Leopardus, Lynx, Puma, Prionailurus et Felis aurait traversé la Béringie et colonisé l'Amérique du Nord il y a à peu près 8 à 8, 5 millions d'années[37]. Il y a 7, 2 millions d'années, la lignée des lynx diverge de celle des pumas. Le dernier ancêtre commun à l'ensemble des lynx date d'il y a 3, 2 millions d'années au Pliocène[37].

Le Lynx d'Issoire

Ossements de lynx dans une grotte en Espagne.
Article détaillé : Lynx d'Issoire.

Bien que les fossiles soient rares chez les félins, les lynx font office d'exception[38]. Le Lynx d'Issoire (Lynx issodoriensis) est le plus souvent reconnu comme l'ancêtre commun du genre Lynx. Possédant une aire de répartition particulièrement large, Lynx issiodorensis présentait une morphologie proche des félinés tout en ayant les caractéristiques des lynx[36], [39] : une queue courte et la dentition à 28 dents. Plusieurs hypothèses d'«apparitions» des lynx modernes au travers de la forme intermédiaire du Lynx d'Issoire ont été proposées. Une première hypothèse suggère une divergence en trois lignées différentes : L. pardinus, L. lynx, et L. rufus ; dans cette première hypothèse, L. canadensis descend de L. lynx[36].

Le Lynx d'Issoire aurait migré en Amérique du Nord par le détroit de Béring durant la glaciation du Pléistocène il y a cinq à deux millions d'années : des preuves de sa présence il y a 2, 5 à 2, 4 millions d'années ont été découvertes au Texas. Le Lynx d'Issoire aurait ensuite évolué en une forme intermédiaire Lynx issiodorensis kurteni puis vers l'actuel Lynx roux (Lynx rufus) [38].

Les premières formes de Lynx pardinus pourraient dater de fossiles attribués à Lynx issiodorensis du Pléistocène moyen selon Argant (1996). Le Lynx des cavernes Lynx pardinus speleus[40] ou Lynx spelea[36], dont des traces ont été retrouvées dans les grottes de l'Observatoire à Monaco et de Grimaldi en Italie, possède des caractéristiques intermédiaires entre Lynx lynx et Lynx pardinus. Il est envisageable que le lynx d'Issoire ait évolué vers le lynx des cavernes qui ensuite a évolué vers le lynx pardelle[40]. Des études menées tant sur la morphologie que sur le squelette du Lynx pardelle ont mis en évidence la sympatrie entre le Lynx pardelle et le Lynx boréal au sud-ouest de l'Europe durant le Pléistocène. Les deux espèces sont désormais reconnues comme allopatriques[35].

Le Lynx d'Eurasie Lynx lynx est plus éloigné de Lynx issiodorensis que le lynx pardelle. La dentition de cette espèce est différente de celle des autres lynx et il est aussi plus grand que les autres espèces de Lynx[40] ; une hypothèse proposée est que le Lynx boréal, originaire d'Asie, aurait repoussé le Lynx pardelle sur la péninsule espagnole[36]. Le Lynx du Canada et le Lynx boréal sont en fait issus du même ancêtre commun asiatique[34]. Bien après la première colonisation ayant abouti au Lynx roux, une forme de Lynx d'Issoire a effectué une nouvelle colonisation des Amériques depuis l'Asie qui serait à l'origine du Lynx du Canada moderne (Lynx canadensis) [41], [42].

Systématique

Classification classique

La classification classique range le genre Lynx dans la sous-famille des Felinæ, qui contient historiquement l'ensemble des félins qui ne rugissent pas[43].

-oCarnivora
 +-o Feliformia
   +-o Felidae
     +-o Pantherinae
     +-o Felinae
       +-o Nombreux genres tels que Prionailurus, Felis, Caracal, …
       +-o Lynx
         +-o Lynx canadensis
         +-o Lynx lynx
         +-o Lynx pardinus
         +-o Lynx rufus

Classification phylogénétique

La classification phylogénétique divise les félins en huit lignées différentes ; les lynx forment la cinquième lignée. Les quatre espèces auraient évolué dans cet ordre : Lynx roux, Lynx du Canada, Lynx boréal et Lynx pardelle[37].

   Felidæ   

Panthera, Neofelis




Pardofelis




Caracal, Leptailurus




Leopardus




Lynx




Puma, Acinonyx




Prionailurus, Otocolobus



Felis









   Lynx   

 Lynx rufus - Lynx roux




 Lynx canadensis - Lynx du Canada




 Lynx lynx - Lynx d'Eurasie



 Lynx pardinus - Lynx pardelle





Espèces et sous-espèces

Le genre Lynx est subdivisé en quatre espèces différentes : le Lynx du Canada (Lynx canadensis), le Lynx boréal (Lynx lynx), le Lynx pardelle (Lynx pardinus) et le Lynx roux (Lynx rufus). La validité des sous-espèces est fortement débattue, surtout celle du Lynx roux : il n'existe pas moins de douze sous-espèces[44] divisées selon des critères géographiques et morphologiques (taille et couleur) [45]. Selon Mammal Species of the World, le Lynx du Canada n'admet que trois sous-espèces, le Lynx boréal cinq et le Lynx pardelle aucune[43]. Pour le Lynx boréal, il est envisageable que le Lynx de Sardaigne (Lynx lynx sardiniæ) ne soit en fait qu'une sous-espèce de Chat sauvage (Felis silvestris) [36].

Hybridations

Article connexe : Félin hybride.

L'hybridation naturelle entre le Lynx roux et le Lynx du Canada existe[46] : aux États-Unis, on nomme le résultat d'un tel croisement un «Blynx» ou un «Lynxcat», contraction du terme «Bobcat» désignant le Lynx roux et «Lynx» désignant le Lynx du Canada. En 2004, des études génétiques menées sur ces deux espèces ont confirmé que trois spécimens sauvages du Minnesota à l'origine ambiguë étaient issus de l'hybridation. La totalité des hybrides étudiés avait un Lynx du Canada pour mère[47]. Les signalements d'hybrides sauvages sont , pour le moment, confinés au sud de l'aire de répartition du Lynx du Canada. Ces hybrides naturels partagent les caractéristiques morphologiques des deux espèces dont ils sont issus[48].

Des hybridations en captivité avec l'Ocelot, le Caracal et le Serval ont été signalées[49]. Une légende, certainement colportée par la créatrice de la race dans les années 1980 aux États-Unis, veut aussi que le pixie-bob soit une race de chat issue du croisement naturel entre un Lynx roux et un chat domestique[50]. C'est aussi le cas pour le bobtail américain[51] et le lynx domestique[52] ; quoique des observations d'accouplement entre le chat domestique et un lynx aient été rapportées, aucun test génétique n'a jamais confirmé ce genre d'hybridation[51].

Chorologie

Habitat

Les forêts boréales, comme ici en Sibérie, forment l'habitat préféré des lynx.

Les lynx vivent préférentiellement dans les forêts boréales et mixtes à feuillage caduc ; le Lynx roux accepte un plus large panel d'habitats qui vont des aires semi-désertiques aux marécages humides de Floride quoiqu'il préfère les forêts, mais contrairement aux autres espèces de lynx, il n'en dépend pas exclusivement[53]. Le Lynx pardelle préfère les forêts de pins et la garrigue[8].

Distribution et effectifs

Répartition des lynx.

La totalité des espèces de lynx est localisé dans l'hémisphère Nord. Le Lynx roux et le Lynx du Canada vivent en Amérique du Nord[7], [9], le Lynx pardelle se trouve exclusivement sur de petites portions de la péninsule ibérique[8] et le Lynx boréal possède la plus large distribution qui couvre sur toute l'Europe et l'Asie[6].

L'aire de répartition des lynx s'est réduite plus ou moins fortement selon les espèces, mais c'est en Europe que la réduction a été principale. Le Lynx boréal était présent partout en Europe, sauf en Grande-Bretagne[39] puis il a disparu de l'ouest de l'Europe et des Alpes avant l'ours et le loup, quoiqu'il ait été persécuté moins intensivement[Note 9], [5]. Les populations de lynx régressèrent partout en Europe, puis eurent tendance à s'accroître au milieu du XXe siècle, du fait de sa protection légale[39]. Le lynx pardelle, extrêmement menacé, a vu ses populations chuter drastiquement durant la fin du XXe siècle à cause des épidémies de myxomatose qui a décimé sa proie principale, le lapin, et d'importants réseaux routiers qui ont fragmenté son habitat et augmenté le nombre de collisions avec des véhicules[54] : les populations de lynx pardelle ont diminué de 80 % en l'espace de vingt ans[55]. En Amérique, les populations ont moins régressé ; cependant, à cause de changements d'habitat dus aux pratiques agricoles modernes, le Lynx roux n'est plus présent dans le Middle West des États-Unis et dans le sud du Minnesota, l'est du Dakota du Sud, l'Iowa et une grande partie du Missouri[56]. Le Lynx du Canada est toujours présent sur 95 % de son aire de répartition historique au Canada mais a régressé aux États-Unis[57].

Excepté pour le Lynx pardelle, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère que les populations de lynx sont stables et abondantes ; donc, elles sont classées en «Préoccupation mineure» (LC). Le Lynx pardelle est en «danger critique d'extinction» (CR) [58], [59], [55], [57].

Protection

Statut légal

Le commerce des animaux sauvages est régi par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). À part le Lynx pardelle qui est classé en Annexe I (toutes formes de commerce interdites) depuis 1990, la totalité des espèces de lynx sont en Annexe II de la CITES depuis 1977[60]. Les États-Unis ont lancé une demande de retrait du Lynx roux de l'appendice II à la CITES à cause de l'accroissement des populations[45], mais celle-ci fut refusée[58].

La chasse au Lynx boréal est réglementée en Russie, en Norvège, en Finlande, en Pologne, en Roumanie, en Turquie[61], en Estonie, en Lettonie, en Slovaquie jusqu'en 2001 date à laquelle il fut complètement protégé, en Croatie et en Slovénie[62]. En France et en Suisse, les lynx à problème sont déplacés[62]. Le Lynx pardelle est protégé sur la totalité de son aire de répartition. La chasse au Lynx roux et au Lynx du Canada est réglementée au Canada, aux États-Unis et au Mexique, mais la législation peut fluctuer selon les États[63].

Élevage conservatoire

Article connexe : Élevage conservatoire.

Seul le Lynx boréal fait l'objet d'un studbook européen (ESB) visant à créer un arbre généalogique fiable des individus détenus par les zoos[64]. Selon l'Association mondiale des zoos et des aquariums, les lynx sont gardés dans les parcs zoologiques à des fins d'éducation et pour la sympathie nouvelle du public[65], [66]. Selon l'International Species Information System (ISIS), 667 lynx sont détenus par des zoos le 1er octobre 2009, les espèces les plus représentées étant le Lynx boréal et le Lynx roux[67].

Un programme d'élevage du Lynx pardelle a été décidé en urgence en juin 2003. Le parc national de Doñana met en place plusieurs dispositifs servant à apporter aux lynx sauvages de quoi se nourrir sans émousser leur instinct de chasseur : des lapins sont contenus dans des enclos spéciaux, complexes d'accès et proposant de nombreuses cachettes[54]. En parallèle, le centre de reproduction permet d'accroître rapidement la population : l'ensemble des naissances devraient, à terme, être réintroduites[68].

Réintroductions

Articles connexes : Réintroduction et Lynx boréal en France.

Quatorze projets de réintroduction du lynx ont été mis en œuvre en Europe de 1970 à 2006, qui ont donné les meilleurs résultats en Slovénie, dans les Alpes suisses et dans le Jura. Le Lynx boréal a été réintroduit en Slovénie, en Croatie, dans le parc national de Bavière en Allemagne, dans le Jura suisse, le canton de Vaud, le canton d'Obwald, le parc national des Grisons et le parc national du Grand-Paradis en Italie[39]. Des tentatives de réintroduction du Lynx du Canada ont été menées dans l'État de New York et dans le Colorado[7] ; pour ce dernier la réintroduction semble être un succès[57]. Le Lynx roux a été réintroduit sur l'île de Cumberland et dans le New Jersey[9].

Pour capturer des lynx à des fins de réintroduction, les scientifiques utilisent la tendance des félins à emprunter toujours les mêmes passages. Une cage à deux portes coulissantes est positionnée de telle manière que le félin puisse voir sa piste au-delà du piège, sur un chemin souvent utilisé. Le lynx est fréquemment capturé au début ou à la fin de l'hiver, il subit ensuite une période de quarantaine avant d'être relâché, plutôt en couple, à la belle saison. Les individus capturés sont fréquemment des jeunes, le plus souvent des mâles[11].

Les lynx et l'Homme

Étymologie et sémantique

Le terme «lynx» [lε̃ :ks] est directement issu du latin «lynx», lui-même tiré du grec ancien «λύγξ» qui sert à désigner tout simplement l'animal. Il existe quelques variations orthographiques telles que «linz» durant le XIIe siècle ou «lins» au XIIIe siècle. Au sens figuré, un lynx est une personne particulièrement rusée[69]. «Avoir des yeux de lynx» veut dire avoir une très bonne vue[70] ; cette expression est issue d'une confusion avec «avoir des yeux de Lyncée», en référence à l'argonaute Lyncée qui possédait une vision perçante, et a été à l'origine de la légende sur les bons yeux du lynx[39]. Ainsi, la constellation du Lynx aurait été nommée ainsi par Hevelius au XVIIe siècle car il faut avoir les yeux de lynx pour l'apercevoir[71]. Le terme «Lynx du désert» ou «Lynx désertique» fait référence au Caracal (Caracal caracal), qui était jadis positionné dans le genre Lynx.

Le Lynx boréal est anciennement appelé «loup-cervier» ou «loup cervier» [lusɛʀvje], du latin Lupus cervarius qui veut dire littéralement «loup qui attire les cerfs». Au départ, ce terme ne désignait que la femelle du lynx et le féminin «louve-cervière» est antérieur au masculin. Une forme féminine «loup-cerve» est proposée dans certains dictionnaires[72]. Le Lynx du Canada est toujours nommé «loup-cervier» en français du Canada[34]. Outre la désignation de l'animal, le terme loup-cervier peut symboliser un homme sans scrupule, œuvrant dans le secteur de l'économie (banquier par exemple) [72].

Lynx et mythologies

Mythologie amérindienne

Dans la mythologie amérindienne, la figure du lynx est fréquemment associée à celle du Coyote, dans un thème de gémellité[Note 10]. Le lynx et le coyote sont respectivement associés au vent et au brouillard, deux éléments opposés dans le folklore amérindien. Les légendes fluctuent un peu entre les peuples nord-américains, et des mythes équivalents existent en Amérique du Sud, comme au Brésil par exemple. Les figures du Lynx et du Coyote dans les mythes des Indiens d'Amérique ont été étudiées par Claude Lévi-Strauss, dans son ouvrage Histoire de Lynx. Selon lui, ces jumeaux opposés et de force inégale représentent un monde en perpétuel déséquilibre. Cette analyse lui permet d'interpréter les comportements amicaux des Amérindiens lors de leurs premiers contacts avec des Européens : pour les Amérindiens, l'existence de leur peuple impliquait l'existence d'autres peuples dont ils attendaient la venue. Toujours selon Lévi-Strauss, les versions plus tardives sont le résultat du contact régulier avec les Européens[73], [74].

Dans une légende Shawnee, le lynx, un des quatre protecteurs de l'étoile du matin, se fait entourlouper par un lapin : tandis que ce dernier est acculé dans un arbre, prêt à être attrapé par le lynx, il suggère à son prédateur de faire un feu pour le rôtir ; le lapin saute alors de l'arbre, et les braises s'éparpillent sur la fourrure du lynx et dessinent des taches marron foncé sur sa robe[75]. Les Mojaves croient que rêver fréquemment d'un objet ou d'un être vivant leur donne leurs caractéristiques. S'ils rêvent des deux divinités que représentent le lynx et le puma, ils pensent que cela va leur donner des compétences à la chasse supérieures à celles des autres tribus[76]. Les colons européens ont aussi admiré ce félin, ainsi qu'aux États-Unis, il reste prééminent dans les anthologies du folklore national.

Mythologie européenne

Le lynx[Note 11] est presque absent des mythologies européennes ; cependant, il a fait l'objet de nombreuses superstitions. Ainsi l'urine de lynx avait la propriété de se solidifier pour former une pierre précieuse, le lyncurium[70], capable de soigner l'ictère et de faire disparaître les calculs de la vessie. Une autre superstition veut que le lynx aient de bons yeux. Cette croyance est née d'une confusion avec l'argonaute Lyncée qui possédait une vision perçante[39]. On pensait aussi que les yeux brillants du lynx[Note 12] éclairaient la route et pouvaient rendre aveugle tant la lumière était intense[77]. Ses yeux étincelants avaient soi-disant la faculté de voir à travers les murs[70]. La légende du loup-cervier raconte que le lynx peut se transformer en loup pour se nourrir de cervelle humaine[78].

La bête de la Gargaille, sorte de bête du Gévaudan jurassienne, aurait terrorisé la population durant l'année 1819. Les descriptions particulièrement contradictoires pointent l'action d'un lynx. Cependant, l'histoire aurait été gonflée en véritable massacre par le préfet alors que le louvetier décrivait de simples vêtements déchirés[77].

Représentations

Un félin particulièrement peu connu jusqu'au XXe siècle

Représentation d'un lynx sur le schiste de la Madeleine, en Dordogne.

Le lynx est particulièrement peu représenté sur les peintures rupestres. Durant l'Âge du bronze, des représentations ont été rapportées sur le schiste de la Madeleine et dans la grotte de Parpallo-Gandsa[Note 13]. Les restes sont aussi peu fréquents : des dents et des griffes de lynx ont été retrouvées et semblaient faire office d'amulettes dans le Jutland au Néolithique. Pompée amena des lynx de Gaule pour les jeux du cirque[39].

La première référence écrite au lynx nous vient de Pline l'Ancien, qui n'hésita pas à le comparer au loup : «Effligie lupi, pardorum macullis», c'est-à-dire «Ressemblant au loup, tacquis comme une panthère». Qui plus est , selon Pline l'ancien, il existe deux formes de lynx, le «loup-cervier» utilisé à Rome lors des jeux du cirque, et le «lynx», créature fabuleuse venue d'Éthiopie[77]. Ces descriptions, néenmoins particulièrement peu précises, servirent de base à la totalité des travaux et écrits sur le lynx. Combiné à l'extrême discrétion de ce félin que personne ou presque ne rencontrait, il devint un animal fantasmagorique, connu féroce. Ainsi, au Moyen Âge, le loup-cervier est toujours assimilé au loup. On appelait ainsi le lynx «loup à robe zébrée ou mouchetée», et n'importe qui était terrifié par cet animal. Le lynx était particulièrement méconnu, absent des bestiaires car absent de la Bible ; il apparaît pour la première fois dans le livre de chasse de Gaston Phœbus[39]. Le félin est si méconnu que les véritables dépouilles de lynx capturés en Europe de l'Ouest sont prises pour quelques «animaux exotiques» et cela jusqu'au XIXe siècle. Les écrits à propos du lynx restent empreints de légende jusqu'au XXe siècle où des recherches sérieuses ne sont entreprises qu'à partir des années 1980[77].

Emblèmes et personnages de fictions

Article connexe : Armorial au lynx.
Pièce de 5 denars macédonienne.

En héraldique, lynx et loup-cervier sont deux figures différentes. Le lynx est passant dans l'écu et tout comme le loup-cervier symboliserait la perspicacité[79], [80]. Le loup-cervier, représenté comme une panthère tacquise avec la queue d'un chat et la face d'un lynx, est particulièrement peu présent. Le lynx peut être représenté passant ou de front[81], et peut être confondu avec le loup quoiqu'il ait le plus fréquemment la queue entre les jambes[82].

Le lynx est reconnu comme un symbole de la Macédoine et est présent sur le côté pile de la pièce de 5 denars[83]. Le lynx est choisi comme emblème par de nombreuses universités et équipes sportives d'Amérique du Nord, comme les Bobcats de Charlotte, ou les Lynx de Toronto[84].

Les lynx sont assez peu présents dans les œuvres de fiction. À la télévision, Bonkers D. Bobcat est un Lynx roux anthropomorphique créé par les studios Disney. Le Lynx roux Bubsy est un personnage de jeux vidéo ; une série de dessins animés consacrée au personnage a été produite, mais seul un épisode existe[85].

Utilisations du lynx

Les félins (Livre de Chasse de Gaston Phœbus (1331-1391)
Peaux de Lynx roux.

Au Moyen Âge, les griffes et les dents du Lynx boréal servaient d'amulettes et il était aussi chassé pour sa fourrure[78]. La fourrure du Lynx du Canada est recherchée depuis le début de la colonisation du Canada par les Européens. Les trappeurs de la côte nord du Canada et les peuples autochtones mangent sa chair[34].

La peau de Lynx roux est la plus vendue parmi celles des félins. La fourrure de Lynx roux permet de faire des manteaux, des tapis ou des décorations murales ; c'est la fourrure du ventre qui est la plus recherchée[86]. La majorité des exportations viennent des États-Unis, dont les exportations annuelles moyennes sont passées de plus de 13 000 dans les années 1990 à légèrement moins de 30 000 dans les années 2000[58].

Attitudes et connaissances de l'Homme

Les lynx ont profité du changement de mentalité de l'Homme envers la nature et surtout envers les carnivores. 70 à 80 % des personnes des pays d'Europe de l'Ouest sont favorables au retour des lynx. Cependant, les citadins, qui ont fréquemment une vision édulcorée du monde animal, sont énormément plus favorables au retour du lynx que les habitants des milieux ruraux. Les principaux détracteurs des lynx sont les chasseurs, qui l'accusent de faire diminuer la population de gibier, et les éleveurs, préoccupés par les prélèvements sur leurs troupeaux[87]. Pourtant, l'impact du lynx est reconnu comme bénéfique au gibier[Note 14] et dans certains pays, les lynx tuent nettement moins que les chasseurs, comme en Suisse, où le Lynx boréal attaque 6 000 chevreuils et l'Homme plus de 40 000[25]. De nombreux moyens ont été testés pour minimiser l'impact du lynx sur le bétail : les plus efficaces restent l'emploi du chien patou, le gardiennage et l'utilisation de clôtures. Qui plus est , si la présence des lynx est quelquefois mal vécue lors de leur réintroduction, on constate que dans les pays où les lynx n'ont jamais disparu aucune accusation ni demande d'extermination n'est effectuée[88].

Selon une étude menée au Cumberland Island National Seashore où le Lynx roux a été réintroduit, l'évaluation des connaissances a une note moyenne de 3, 8/10, les chasseurs ayant obtenu les meilleurs scores (5, 1/10). Selon les auteurs, ce score si faible peut être corrélé avec la nature discrète du Lynx roux : les opportunités d'apprentissage par contact direct sont faibles[89]. Qui plus est , peu de reportages animaliers lui sont dédiés, à l'inverse de ce qu'on peut voir pour le lion, le tigre, ou encore le puma[90].

Notes et références

Notes

  1. Typographie selon le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, Imprimerie nationale, 2002, édition octobre 2007 (ISBN 978-2-7433-0482-9) , p.  37
  2. Le Lynx boréal est de trois à dix fois plus gros que le Chat sauvage.
  3. Les races telles que le maine coon peuvent être choisies pour avoir ce type de pinceaux.
  4. Il ne s'agit pas d'oreilles.
  5. À titre de comparaison, ce ratio est de 0, 43 % chez l'Homme.
  6. Le rôle des fèces dans le marquage du territoire est toujours assez mal identifié, la majorité étant enterrées.
  7. Quand les proies sont abondantes, la maturité sexuelle peut être acquise dès dix mois.
  8. Afin d'éviter les collisions mortelles avec un véhicule, la création d'écoducs complète la mise en place de corridors biologiques.
  9. L'explication réside dans une plus grande sensibilité du lynx face à la destruction de son habitat ainsi qu'à la diminution des effectifs de ses proies naturelles.
  10. «Lynx» est un terme générique dans les descriptions mythologiques, mais implique fréquemment le Lynx roux sur la majorité du territoire nord-américain.
  11. Ici «Lynx» sert à désigner le Lynx boréal plutôt que le Lynx pardelle, trop faiblement distribué.
  12. Les yeux des félins reflètent la lumière dans la nuit en raison du tapetum lucidum.
  13. Cette dernière représentation est peut-être celle d'un chevreuil.
  14. Les prédateurs s'attaquent aux individus les plus faibles et les écartent par conséquent de la reproduction.

Références

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Bibliographie

Annexes

  • Caracal : faisant anciennement partie du genre Lynx, il est toujours nommé «Lynx du désert».

Liens externes

Associations

Références taxonomiques


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Recherche sur Amazone (livres) :



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