Mau égyptien

Le mau égyptien est une race de chat originaire d'Égypte et développée à partir des années 1950 en Italie puis aux États-Unis par une princesse russe.



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Race de chat - Chat - Felis - Felinae - Félidé

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Mau égyptien icône chat
Mauegytiensmoke.jpg
Mau égyptien black smoke

Région d'origine
Région Égypte Égypte
Caractéristiques
Silhouette Médioligne semi-foreign
Taille Moyenne
Poids 2, 5 à 5 kg
Poil Court
Robe Trois à quatre couleurs sont avec un motif spotted tabby
Tête Triangle adouci
Yeux Grands, en amande. De couleur vert groseille à maquereaux
Oreilles Larges
Queue Longueur moyenne
Standards

Le mau égyptien est une race de chat originaire d'Égypte et développée à partir des années 1950 en Italie puis aux États-Unis par une princesse russe. Rapidement reconnue par les registres d'élevage, la race se heurte dans les années 1980 à un problème de consanguinité : de nombreux chats originaires d'Inde et d'Égypte sont intégrés dans la race afin d'en augmenter son bassin génétique.

Le mau égyptien est l'unique race de chat qui possède naturellement un marquage spotted tabby, c'est-à-dire nettement marqué de taches noires. Les trois couleurs historiques sont le silver (argenté taché de noir), le bronze (beige à roux taché de noir) et smoke (uni noir au reflet d'argent). Le noir uni et les couleurs issues du bleu sont en cours d'enregistrement ou de reconnaissance par les registres d'élevage.

Origines

La légende du chat de l'Égypte antique

Détail d'un papyrus montrant un chat au physique proche du mau.
Articles connexes : Chat dans l'Égypte antique et Histoire du chat.

Au cours du IIIe millénaire av.  J. -C. , avec le stockage du grain accoururent les rats, bientôt suivis des serpents et des chats[1]. Les Égyptiens appréciaient beaucoup les chats. Les papyrus représentant des chats les montrent brun et moucheté de noir.

Le chat de l'ancienne Égypte est déifié sous les traits de la déesse Bastet[2]. Le chat était reconnu comme un membre de la famille et lors de sa mort toute la famille en portait le deuil en se rasant les sourcils[2]. Les Britanniques ont importé énormément de momies de chats au point de les broyer et d'en faire de l'engrais[3]. Le chat domestique se répandra progressivement dans le monde entier en suivant les échanges entre les différents peuples humains.

Au début du XXe siècle, l'Italie était peuplée des descendants des chats d'Égypte. Selon les descriptions, grand nombre d'entre eux étaient des chats à robe mouchetée ressemblant aux chats des pharaons. Avec la Deuxième Guerre mondiale, énormément de chats périrent en Italie, et les descendants directs des chats pharaoniques en ont quasiment disparu[4]. Cependant, on peut quelquefois trouver des chats de maison mouchetés en Italie, et même, dit-on, en Provence[5].

Le mau égyptien est reconnu comme l'ancêtre de l'ensemble des races de chat par les promoteurs de la race, dans la mesure où il descendrait de Felis lybica ocreata, une sous-espèce africaine de Chat sauvage ayant disséminé le chat domestique partout dans le monde[6]. Cependant, l'ascendance du mau égyptien reste hypothétique et doit être reconnue comme une légende.

Une princesse à l'origine de la race

Nathalie Troubetzkoï[Note 1] est une princesse russe exilée dans le palais de l'ambassadeur d'Égypte[7] en Italie durant la Deuxième guerre mondiale[8]. Amoureuse des chats, elle est reconnue comme la créatrice de la race. Elle reçoit un premier chat par l'intermédiaire d'un petit garçon qui lui amène un chaton dans une boîte en carton[4]. La beauté inhabituelle de ce chaton la conquiert immédiatement et elle l'appelle Ludivine, surnommée Ludol puis Lulu. Lulu était d'une belle couleur argent avec des taches noires. La princesse remarqua que la boîte dans laquelle le chaton lui avait été amené venait d'Égypte. C'est ainsi qu'elle en déduit l'origine de ce merveilleux chat et conclut que le chat était un descendant des chats de pharaon. Elle se servit de ses nombreux amis pour trouver un autre chat de ce type et obtenir une portée toute mouchetée. Des amis lui trouvèrent Gregorio, un mâle noir de 11 ans issu d'une famille mouchetée[5] et elle acquit Geppa, un mâle black smoke du Proche-Orient, par l'intermédiaire de l'ambassadeur de Syrie[7].

Lulu et Geppa donnèrent bientôt naissance à leur première portée qui était aussi mouchetée comme ses parents. Parmi ceux-ci, Nathalie Troubetzkoï conserva une petite femelle silver, Baba[5]. Cependant, l'origine de Baba fluctue selon les sources : elle est peut-être directement importée d'Égypte[7] ou est le chaton d'origine de la boîte en carton[4]. De Lulu et Grégorio naquit, entre autres chatons, Jojo, le premier mau de couleur bronze[5]. Liza, fille de Baba et Jo-Jo, fut présentée en concours à Rome en 1955[5], [9].

Quand elle obtint l'autorisation d'immigrer aux États-Unis en 1953[10], elle fit enregistrer uniquement trois chats en 1956[8]. C'est ainsi que Baba, femelle silver de 4 ans, Jojo (ou Jo-jo, de son vrai nom Georgio), mâle bronze de trois ans, fils de la première, et Liza, femelle silver d'onze mois malheureusement stérile[6], partirent à la conquête des États-Unis[5], [2], [4].

Une fois installée, Nathalie Troubetzkoï continua à œuvrer pour faire connaître les chats d'Égypte, les exposer et les faire reconnaître comme race sous le nom de mau égyptien. Elle créa son élevage sous le nom de «Chatterie de Fatima». En 1957, Baba fut la première de la race à être couronnée championne[9]. L'ensemble des maus égyptiens d'élevage descendent de ces premiers sujets[5].

Développement de la race

Maslama de fondcombe, chat importé d'Égypte[11].

Les sujets amenés aux États-Unis connurent rapidement le succès, et le terme «mau» est utilisé pour désigner la race : mau est un terme venant de l'égyptien qui sert à désigner tout autant le chat que le miaulement[6]. Le mau égyptien est enregistré par la Cat Fancier Association (CFA) dès 1968[10] et reconnu comme race en 1977[7]. En 1979, le premier mau égyptien reconnu Grand Champion en exposition est Sangpur Jonathan Dot Dot, un mâle silver[12]. The International Cat Association (TICA) enregistre les premiers sujets dès 1979[13]et rédige un standard en 1988, et la Fédération internationale féline (FIFé) le reconnaît en 1992[9]. La Governing Council of the Cat Fancy (GCCF) reconnaît la race qu'en 2007[14].

Le bassin génétique de la race étant basé sur uniquement trois individus, les éleveurs s'attachèrent au cours des années 1980 à 2000 à introduire de nouveaux sujets pour diminuer la consanguinité de la race. En 1980, aux États-Unis, du sang neuf est apporté par Jean Mill depuis le zoo de Delhi et treize sujets[15] sont inclus dans le registre d'élevage, dont Toby, un mâle bronze porteur du glitter. C'est ensuite au tour de Cathy Rowan, J. Len Davidson et Marie-Christine et Didier Hallépée d'introduire des sujets originaires d'Égypte[2]. Le registre d'élevage est toujours ouvert à de nouveaux sujets qui ne sont acceptés dans le livre des origines qu'à partir de la quatrième génération.

Les éleveurs divisent la descendance en trois lignées différentes et tentent d'uniformiser le type du mau égyptien en s'y appuyant[6] :

Les premiers maus égyptiens sont introduits en France en 1997 par Marie-Christine et Didier Hallépée (chatterie de Fondcombe) [5], au Royaume-Uni en 1998[14] et en Finlande au cours des années 1990, quoique la première portée date de 2006[16]. Il est aussi présent au Japon, où quelques chatteries ont produit d'excellents sujets[Note 2], en Allemagne, aux Pays-bas, en Italie[2] et en Suisse[6]. Le développement de la race se poursuit avec l'introduction de nouvelles couleurs, comme le mau égyptien entièrement noir, et des versions diluées : le bleu smoke, le bleu et le bleu silver[17].

Le mau égyptien représente en 2009 la 24e race la plus populaire en nombre de pedigrees édités par le LOOF de 2003 à 2008[18]. En 2008, le mau égyptien est à la 25e place du LOOF[18] ainsi qu'à la 21e place de la CFA[19] en nombre d'enregistrements.

Année LOOF[18] CFA[19] GCCF[20]
Inscriptions Rang Inscriptions Rang Inscriptions Rang
2003 30 27e 363 22e 163 18e
2008 52 25e 288 21e 230 19e

Standards

Notation

Evaluation d'un mau égyptien silver dans une exposition féline FIFé.

Les différents standards des associations félines sont globalement particulièrement proches pour décrire le «mau égyptien parfait». L'échelle des points est différente selon les fédérations, mais toutes privilégient la qualité de la robe sur la forme du visage et celle du corps. Il y a des variations sur la prise en compte de la couleur et de la forme des yeux, dont la notation peut être faite à part ou incluse dans une autre section. La «condition» est un critère prenant en compte l'aspect général du chat et son tempérament[21].

Répartition des points dans différentes fédérations félines[21]
Fédérations Tête Yeux Corps Robe Condition
Texture Couleur Patron
ACF 20 [A 1] 25 5 25 25 0
ACFA 25 [A 2] 25 10 15 25 0
CFA 20 [A 1] 25 5 25 25 0
FIFé 20 10[A 3] 20 20 25 5
LOOF 30 [A 2] 30 40 0
TICA 35 [A 2] 25 40 0
WCF 25 10 30 10 30 5
  1. Forme des yeux : incluse dans tête ; couleur : incluse dans couleur
  2. Forme et couleur des yeux incluses dans tête
  3. Juste la couleur des yeux, la forme est dans tête

Tête

Portrait d'un mau égyptien.

La tête est de taille moyenne. La face prend une forme de triangle aux contours arrondis : il ne doit y avoir aucune face plane. Les joues sont plates, sauf pour le mâle où les bajoues sont tolérées, et le nez d'une même largeur sur toute sa longueur. De profil, on constate un front arrondi avec un léger creux à l'apparition du nez qui, lui, est droit. Le museau est de taille moyenne, avec un menton bien proportionné, c'est-à-dire ni saillant, ni fuyant. Une tête ronde est reconnue comme un défaut, tout comme un museau pointu[21].

Les yeux en amande, sont grands et positionnés un peu de biais, sans être totalement obliques comme le sont ceux des orientaux. La couleur demandée est «vert groseille à maquereau» qui est en fait un vert clair. Le LOOF accepte que la couleur ne soit pas totalement fixée jusqu'à 24 mois[22], l'ACF, l'ACFA et la FIFé jusqu'à 18 mois[23], [24], [25], la TICA et la CFA sont plus précises et souhaitent qu'à 8 mois le vert soit discernable dans les yeux du chaton et qu'à 18 mois l'œil soit entièrement de la couleur voulue[26], [27]. Des yeux ronds ou trop orientaux sont pénalisants en concours, mais des yeux qui ne sont pas de couleur verte sont tout simplement éliminatoire[21].

Les oreilles sont de taille moyenne à grande et positionnées éloignées l'une de l'autre, en harmonie avec la forme du visage ; des oreilles trop petites sont reconnues comme un défaut. Implantées assez en arrière du crâne, leur bout est arrondi et leur base large. Les plumets, qui apparaissent sur certaines races comme le maine coon, sont acceptés[21].

Corps

Le mau égyptien est un chat de taille moyenne, bien musclé.

La silhouette de cette race est de type médioligne semi-foreign, c'est-à-dire qu'elle oscille entre le type européen et le type oriental[28], sans jamais être l'un ou l'autre. Le corps, de taille moyenne, doit paraître à la fois puissant et élégant[21].

La musculature est développée, en particulier chez les mâles. L'encolure est arquée et les épaules sont saillantes. Une sorte de poche ventrale qu'on nomme «gousset» doit être présente : on lui attribue la grande mobilité du mau égyptien et est une caractéristique des races mau égyptien et keuda[8], [Note 3].

Les pattes sont de longueur moyenne, avec une ossature moyenne mais une musculature développée. L'arrière-main est un peu plus haute que l'avant-main, mais selon la TICA les pattes arrières sont pliées, ce qui permet d'avoir un dos droit[26]. Les pieds sont petits et un peu ovales, avec des orteils longs aux pattes arrières précise la TICA[26]. Cette conformation donne une attitude spécifique au mau égyptien qui semble marcher sur la pointe des pieds. La queue quant à elle est de longueur moyenne avec un bout arrondi, elle ne doit pas être petite[21].

Robe et fourrure

Le patron spotted

La robe du mau égyptien se définit par ses mouchetures.

Le mau égyptien est l'unique race naturelle de chat à être mouchetée, ou en terme félinotechnique spotted tabby : un mau égyptien présentant une robe autre que la spotted tabby est de toute façon exclu de tout titre en compétition. La qualité de la robe est un point essentiel pour le mau égyptien, car il représente en concours le plus grand nombre de points dans de nombreuses fédérations. Le pelage doit être court, mais présente néanmoins une longueur suffisante pour que quatre bandes de couleurs puissent s'alterner sur le poil agouti. La texture est douce et élastique pour les couleurs silver et bronze et doit être plus soyeuse pour le smoke et le noir[21].

Le patron spotted tabby doit être bien visible, le contraste entre le fond et les taches doit par conséquent être suffisant : le M sur le front est bien visible et les rayures horizontales partant du coin externe de l'œil, nommées «maquillage égyptien», sont bien marquées. Une rayure supplémentaire, plus estompée, barre les joues en dessous des premières rayures. À partir du M, une rayure descend le long de la colonne vertébrale et se mue en taches alignées. Les taches sont plus grosses au niveau du cou et des pattes[21].

Les taches sur les flancs ne doivent pas être alignées pour ne pas rappeler le patron mackerel (rayé). La queue est annelée avec le bout noir, et au moins une rayure en forme de collier ouvert doit encadrer le poitrail. Des taches qui se touchent et l'absence de collier sont des défauts pénalisants en concours, alors que la naissance de rosettes, une quantité de tache insuffisante ou un motif non tacquis sont éliminatoires[21].

Les différentes couleurs de robes

Trois couleurs sont acceptées par la totalité des fédérations[21] : le silver (gris argent tacquis de noir), le bronze (marron clair tacquis de noir) et smoke (noir aux taches fantômes avec des reflets argent). Le noir et le bleu sont en cours d'ajouts. La robe silver est la mieux représentée : en 2004, elle représentait 58 % des enregistrements à la CFA, contre 26 % de bronze pour 14 % de smoke[29].

Le mau égyptien silver doit avoir une robe couleur argent particulièrement contrastée comparé aux taches. L'arrière des oreilles est gris-rose, le bout est noir. L'arrières des pieds est noir mais aussi les coussinets, et la truffe est de couleur brique. La base du mau égyptien bronze est de couleur bronze à ivoire sur les parties intérieures du corps (ventre, gorge). Les taches peuvent être marron foncé. Les coussinets et l'arrière des pattes sont brun à noir. La truffe est brique. Le mau égyptien smoke n'est pas un chat spotted tabby, mais grâce à son sous-poil argent, les motifs apparaissent nettement : c'est un motif fantôme. Les taches doivent par conséquent être bien visibles. Le poil est gris clair sur un quart de la longueur, puis noir. Les parties intérieures du corps sont plus claires. La truffe, les coussinets et l'arrière des pattes sont noires[21].

Le mau égyptien noir s'est vu consacré par le LOOF comme nouvelle couleur (NC) depuis 2006[22] et est autorisé seulement comme reproducteur par la CFA[2]. La robe est entièrement noire mais peut laisser apparaître un motif fantôme sous certains éclairages. Elle doit être bien lustrée[21]. La CFA enregistre le mau égyptien bleu dans ses quatre nuances (bleu spotté, bleu silver, bleu smoke et bleu self) seulement à des fins de suivi[2] depuis 1997[30].

Chez le mau égyptien bronze, deux nuances de couleur existent selon les fédérations. La couleur classique est un brun chaud avec des motifs allant de marron à noir. C'est l'unique couleur admise dans le standard du LOOF[22]. La CFA, comme la TICA et la GCCF, préfèrent une teinte tirant sur le rouge grâce à la présence de nombreux polygènes rufus. Cette couleur tire son origine de la lignée indienne, bien que de nombreuses rumeurs sous-entendent que la naissance du gène est entretenue par des croisements réguliers avec le bengal[31]. Le LOOF défend la couleur d'origine, et interdit toute trace de rufus ou de glitter issues de la lignée indienne[22].

Caractère

Les traits de caractère restent idéalement individuels et sont avant tout fonctions de l'histoire de chaque chat, quelle que soit sa race. Le mau égyptien a un tempérament voulu docile par les éleveurs[8], surtout parce que les premières générations de mau égyptien étaient difficilement manipulable[17]. Il garde le plus souvent un caractère indépendant et intelligent[8], [10] tout en étant modérément actif[17]. Il est reconnu comme un bon chasseur, qui a besoin de faire de l'exercice pour garder un caractère équilibré[8]. Chat proche de son maître, il réclame de l'attention[10] et peut être distant avec les étrangers[6]. Le mau égyptien a la réputation de montrer sa joie en miaulant doucement, et aussi en ondulant vivement la queue[17].

Selon les éleveurs de mau égyptien, il existe des différences de caractère entre les différentes couleurs. Ainsi, le mau égyptien bronze à la réputation d'être bien plus exclusif envers son maître et plus dominant sur les autres chats. Le mau égyptien smoke aurait un caractère plus tendre, recherchant le contact physique[32].

Liens avec les autres races

Le bengal et le mau égyptien sont deux races de chat liées.

Le mau égyptien peut être confondu avec une autre race présentant une robe spotted tabby : l'ocicat, race créée dans les années 1970 et 1980 pour ressembler à l'ocelot[8].

Au Royaume-Uni, une race «mau» a été développée : elle devait ressembler aux chats représentés dans l'Égypte antique et avait un corps plus allongé, de type longiligne, avec un pelage brown spotted tabby. Le développement de la race a été occulté par celui du mau égyptien, qui rencontra plus de succès : le «mau britannique» brown spotted tabby est désormais inclus dans le standard de l'oriental shorthair[8]. Plus il y a peu de temps, le mau arabe est une nouvelle race naturelle développée dans les années 2000 à partir de chats domestiques de la péninsule arabe. En dehors du terme «mau», il n'y a pas de corrélation avec le mau égyptien[33].

Le mau égyptien a contribué à la formation de la race bengal à travers un mau de la lignée indienne du nom de «Millwood Tory of Delhi» qui a surtout apporté les polygènes rufus et glitter[34], [31]. En outre, de nombreuses rumeurs sur d'envisageables croisements réguliers avec le bengal courent en raison du développement rapide du mau égyptien bronze[31]. Le savannah a aussi reçu un apport de sang mau lors du développement de la race[35].

Élevage

Acquisition d'un Mau égyptien

Une douzaine d'éleveurs sont actifs en France[36]. Le prix d'un mau égyptien fluctue fortement selon l'âge, la descendance et les qualités esthétiques de l'individu, mais également selon l'éleveur. En 2004, les prix observés en France pour un chaton conçu pour la compagnie (c'est-à-dire qui ne servira pas de reproducteur et ne sera pas présenté en concours) fluctuent de 800 à 1 000 euros[37] ; aux États-Unis, un chaton de compagnie est commercialisé entre 600 et 1 000 dollars en 2007[38].

Félinotechnie

Associations d'élevage

Les associations d'élevage sont différentes des registres d'élevage, qui enregistrent la généalogie des races de chat. En règle générale, les associations d'éleveur ont pour but de rassembler les éleveurs pour promouvoir l'élevage d'une race. Aux États-Unis, l'association d'éleveurs The Egyptian Mau Breeders and Fanciers Club est créée dès 1975, puis, légèrement plus tard, la The International Egyptian Mau Society[2]. En France, l'Association internationale du mau égyptien (AIME), créée en 1998, est l'unique reconnue par le Livre officiel des origines félines (LOOF) [7].

Génétique

Article connexe : Tabby.
La base du poil smoke est transparente.

Le patron spotted tabby qui caractérise la robe du mau égyptien est complexe à obtenir. Il existe une théorie selon laquelle le chat tacquis ou spotted est un chat rayé ou mackerel dont les marques sont brisées. Le spotted serait alors sujet à au moins un gène dominant changeant le patron mackerel ou encore l'action de polygènes modificateurs de mackerel[8]. Des chatons ne possédant pas le patron spotted tabby naissent sporadiquement de chats tacquiss[39].

Au niveau des couleurs, le standard du mau égyptien joue sur le gène I, responsable de la naissance du silver et du smoke, et le gène A, responsable de la naissance des tâches. Le poil d'un chat est constitué de plusieurs bandes de couleurs plus ou moins contrastées. L'action du gène inhibiteur «I» est d'arrêter la production de phéomélanine dans le poil, ce qui se traduit par une bande transparente d'apparence blanche. Sur un poil d'apparence uni, cela se traduit par une racine claire et une pointe d'apparence noire uniforme : on obtient un smoke. Sur un poil agouti, la racine est blanche puis survient une succession de bandes transparentes et de couleur : c'est le silver tabby. Le gène A détermine si la robe est tabby ou pas[40]. L'introduction de gènes de mau égyptien dilués induit la présence du gène de dilution d.


Charte des couleurs du mau égyptien[41]
Silver Bronze Smoke Noir uni
I//I ou I//i
A//A ou A//a
i//i
A//A ou A//a
I//I ou I//i
a//a
i//i
a//a

Enjeux de l'élevage

Les éleveurs travaillent avec les trois lignées de mau égyptien pour garder les points positifs de chacune[6], [39]. Un autre objectif d'élevage pour les sujets de la CFA est de pouvoir concilier le développement de mau bronze rufus avec celui des silver : en effet, les polygènes rufus sur une robe argentée tant à ternir la couleur. Des éleveurs s'inquiètent par conséquent de la vogue des maus rufus, qui pourraient scinder l'élevage en deux, puisque le résultat des croisements entre les deux couleurs peuvent être particulièrement décevants[31].

Reproduction et croissance

La robe d'un mau égyptien met du temps pour se fixer.

La couleur des yeux du mau égyptien peut mettre d'un à un an et demi avant d'atteindre sa couleur définitive[2]. De même, la couleur de la robe et le dessin des taches évoluent au cours de la croissance[39].

Selon les statistiques du LOOF portant sur les années 2003 à 2008, la taille des portées est en moyenne de 3, 37 chatons[36]. Les statistiques de la CFA de 1987 à 2008 sont de 2, 9 à 3, 9 chatons par portée en moyenne[42]. Le cœfficient de consanguinité des sujets français est de 4, 83 %[Note 4]. Cinq étalons et six femelles contribuent à plus de la moitié des naissances sur la période étudiée[36].

Santé

Le mau égyptien n'est sujet à aucune maladie héréditaire. Cependant, quelques éleveurs ont constaté une fréquence plus importante de maladies sur leurs sujets. La lignée respectant les traditions pourrait être touchée par la cardiomyopathie hypertrophique féline et le syndrome asthmatiforme félin. Une propension aux hernies ombilicales ainsi qu'à la luxation de la rotule est aussi notée par les éleveurs[6].

Entretien

Comme tout chat à poil court, l'entretien du mau égyptien se réduit à un brossage hebdomadaire. Cependant, les éleveurs de la CFA recommandent un toilettage régulier en brossant le mau avec un peigne à dents resserrées puis un lustrage du poil en utilisant par exemple une peau de chamois. Avant une exposition féline, un bain est indispensable en utilisant des shampooings particulièrement formulés pour le type de pelage du mau égyptien[43].

Le mau égyptien dans la culture populaire

Dans le film Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau, le héros félin ressemble énormément à un mau couleur bronze. Le mau égyptien Minuit, de couleur silver tient un rôle dans Catwoman de Pitof[38].

Notes et références

Notes

  1. Ou Troubetzkoy selon la graphie.
  2. Joyfulpal de Yoshiko Moriya, Nekono-Mori de Tomiko et Sadafumi Morizumi, Wisteria FL de Hiroko Fujiwara, Celsior Mau de Yukio Watanabe et la chatterie Ambroisie de Rii Teranishi
  3. Le keuda est un chat choisi pour être un bon chat de ferme, excellent souricier. Quoiqu'il soit américain, il partage une morphologie particulièrement proche du mau égyptien. Le keuda s'est vu consacré comme race par aucun registre d'élevage.
  4. À titre de comparaison, le cœfficient de consanguinité du persan est de 4, 17 %

Références

  1. Paul-Henry Carlier, Les chats, Nathan, 1983, 15 p. (ISBN 2092842439) , «L'Égypte» 
  2. (en) Breed Article :The Egyptian Mau sur http ://www. cfainc. org/, Juin 2002, Cat Fancier Association. Consulté le 22 octobre 2009
  3. Michæl Pollard, L'Encyclopédie du chat, Parragon, 16 novembre 2003 (ISBN 978-1405414388)  , p. 122
  4. (en) The Egyptian Mau Spot-on for Elegance sur http ://www. petpublishing. com/, Cats and Kitten. Consulté le 22 octobre 2009
  5. Didier Hallépée, Le chat mau égyptien, Carrefour du Net, 2009 
  6. (fr) Noémie TOMMASINI, «Étude ethnologique de trois races félines à robe tacquise : le bengal, le mau égyptien, l'ocicat» sur http ://theses. vet-alfort. fr/, 2003, École nationale vétérinaire d'Alfort. Consulté le 25 octobre 2009
  7. (fr) Livre officiel des origines félines, «Le chat des pharaons» sur http ://www. loof-actu. fr/, 2009. Consulté le 22 octobre 2009
  8. (fr) Dr Bruce Fogle (trad. Sophie Léger), Les chats, Gründ, coll. «Le spécialiste», août 2007, 320 p. (ISBN 978-2-7000-1637-6)  , «Mau égyptien», p. 116
  9. (fr) MAU EGYPTIEN sur http ://www. royalcanin. fr/, Royal Canin. Consulté le 22 octobre 2009
  10. Christiane Sacase, Les Chats, Solar, coll. «Guide vert», février 1994 (ISBN 2-263-00073-9)  
  11. (fr) Imports sur http ://www. aime. us/, AIME. Consulté le 25 novembre 2009
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  23. (en) Standard ACFA de 2005
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Annexes

Mau égyptien black smoke.

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